les enjeux

Le changement climatique, un défi de taille

Le 27 septembre 2013, le groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a sorti le premier volet de son nouveau rapport d’évaluation. C’est un rapport central dans la connaissance de l’évolution de notre climat et dans la construction de la décision politique sur le changement climatique. Le dernier, daté de 2007, soulignait déjà l’urgence à agir et l’importance de maintenir le réchauffement planétaire en-deçà de 2°C, seuil de viabilité de nos écosystèmes et de notre climat.

Dans cette nouvelle édition, il n’y a à nouveau plus de place au doute : en l’espace d’un siècle, la température moyenne à la surface de la planète a augmenté d’environ 0,8°C, dont 0,5°C sur la seule période 1979-2010. Les scientifiques nous annoncent que ce réchauffement pourrait, si nous n’agissons pas, atteindre les 5,5°C en moyenne d’ici 2100.

La Fondation Nicolas Hulot a développé un outil pédagogique « 10 fiches pour décrypter le défi climatique ». Il regroupe les principales données du rapport du GIEC 2013, et permet de comprendre les évolutions actuelles et projetées du climat, et les répercussions sur nos sociétés et nos écosystèmes.

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Retrouvez les interviews de Nicolas Hulot, Laurence Tubiana et Jean Jouzel ci-dessous :

Nicolas Hulot Laurence Tubiana Jean Jouzel

 

Pour en savoir plus:
Retrouvez l’analyse du 5e Rapport du GIEC sous forme d’infographies proposées par le Réseau Action Climat France ainsi que l’infographie sur “L’élévation du niveau de la mer et l’érosion du littoral” réalisée par l’équipe Vouchercloud.

 

Les gaz à effet de serre amis ou ennemis ?

Le réchauffement climatique est lié à une élévation de la concentration atmosphérique de gaz à effet de serre (GES). Ces gaz ont la propriété de retenir une partie du rayonnement solaire réfléchi par la Terre. Présents naturellement dans l’atmosphère, ils permettent de maintenir la température du globe à une température moyenne de 15°C, ce qui a notamment permis le développement des sociétés humaines. Sans eux, la température moyenne à la surface du globe serait aujourd’hui de -18°C !

Depuis le début de la révolution industrielle, les activités humaines contribuent à émettre dans l’atmosphère toujours plus de gaz à effet de serre. L’utilisation des énergies fossiles (gaz, pétrole, charbon), l'industrie, la déforestation et l’agriculture ainsi que l’industrie sont en effet des sources d’émissions de GES. En moins de deux siècles, la quantité de GES présents dans l’atmosphère a augmenté de manière considérable : leur concentration en équivalent CO2 est passée d’environ 285 ppm (particules par million) dans les années 1880 à 400 ppm en 2013. C’est la concentration la plus élevée depuis plus de 2,5 millions d’années ! A titre de comparaison, pour assurer de limiter le réchauffement global en-deçà de 2°C, il faudrait ne pas dépasser 350 ppm.

Emissions de GES par secteur d'activités en 2004

 

LES EMISSIONS D’AUJOURD’HUI DETERMINENT LE CLIMAT DE DEMAIN

La durée de vie des gaz à effet de serre ou leur présence dans l’atmosphère implique de s’inscrire dans le long terme. En pratique, il faut savoir qu’une réduction des émissions de GES n’engendre pas une diminution immédiate de leur concentration dans l’atmosphère. Du fait de leur longévité, les GES mettent de plusieurs décennies à plusieurs siècles avant de disparaître totalement. C’est ce qu’on appelle « l’inertie » du système climatique.

En conséquence, les décisions d’aujourd’hui impactent directement le climat des générations futures. Ce sont bien les politiques et mesures de réduction des émissions de gaz à effet de serre qui définiront la température moyenne mondiale et les équilibres climatiques des siècles à venir. Les scientifiques ont d’ailleurs démontré que pour avoir une chance de limiter le réchauffement de la température moyenne mondiale en-deçà de 2°C, les émissions de GES mondiales devront atteindre leur pic au plus tard en 2017 et décroître ensuite drastiquement, dans une fourchette comprise entre -75 et -95% d’ici 2050 (par rapport à 1990) pour les pays industrialisés.