 |
 |
La conservation vecteur de développement
La gestion des espaces naturels dans le cadre des principes
du développement durable peut devenir un puissant vecteur
de la lutte contre la pauvreté.
En valorisant les expériences qu'elle a réalisées en ce domaine
depuis sa création, la Fondation Nicolas Hulot met aujourd'hui
à la disposition des collectivités locales du Sénégal et des
pays voisins le programme Conservation
et développement durables, un outil d'application
pragmatique du développement durable. Tenant pleinement compte
des dimensions économiques, sociales, environnementales et
culturelles, il s'adapte à des communautés et des milieux
naturels bien différents.
L’éducation à l'environnement constitue le premier
pas vers le développement durable. Cette vocation de la Fondation
à trouvé des exemples en "vraie grandeur", parmi les tous
premiers lauréats des Bourses, mais de tels programmes ne
peuvent se développer que dans la durée. Ainsi, le projet
du Regroupement
des Femmes de Popenguine pour la Protection de
la Nature, lauréat en 1991, ne fut achevé qu’en 2001.
La démarche en était pourtant simple, mais elle mobilisa un
collectif de plus de 1 550 femmes, de 8 villages, sur un territoire
de près de 100 km2. Ayant entrepris de régénérer le couvert
végétal de la réserve, le développement de pépinières s’imposa,
à la fois pour le reboisement et le bois de feu.
Afin de produire le compost nécessaire, une collecte des déchets
ménagers fut organisée. L’excédent servit à augmenter
la production maraîchère. En attendant que les bois villageois
soient exploitables, un réseau de distribution de combustibles
permit de promouvoir l’usage du gaz. Le dispositif fut
complété par la création d’une banque céréalière et
d’une banque de crédit.
Le programme fut clôturé par la construction d’un centre
de formation à l’écogestion des espaces protégés où
le collectif peut désormais partager son expérience avec d’autres
groupements féminins des différentes régions du Sénégal, comme
des pays voisins qui sont soumis aux même contraintes écologiques
et économiques. L’ensemble de ces réalisations qui constitue
aujourd’hui l’Espace
naturel communautaire Kër Cupaam, fut financé sur
un budget de la Commission européenne, obtenu et géré par
la Fondation.
Cette expérience réussie de gestion d’une réserve naturelle
et des terroirs villageois périphériques par une communauté
locale fut à l’origine des Aires
du Patrimoine communautaire, une nouvelle catégorie
d’aires protégées. Ce concept fut présenté à la communauté
internationale lors du 50e anniversaire de l’UICN (Union
mondiale pour la Nature) quelques mois après que l’île
de Yoff, dans la banlieue de Dakar, ait été le premier site
a avoir bénéficié de ce statut.
Depuis, une demi-douzaine de sites ont été classés. Certains
sont remarquables par leur biodiversité, comme la chute de Dindefelo
dans le Sénégal oriental. D’autres, au contraire, étaient
fortement dégradés, comme la lagune de la Somone dont la mangrove
a été régénérée sur plus de 60 ha par les jeunes volontaires
de la réserve de Popenguine qui lui est voisine.
La mobilisation des populations pour la sauvegarde de leur environnement
a conduit la Banque mondiale à confier à la Fondation
la mission de multiplier les Aires du Patrimoine communautaire
dans le cadre de son programme de conservation des zones de
haute biodiversité, marine et côtière, du
Sénégal.
Ce programme donne également à la Fondation la
possibilité de mettre en application certains projets
de ses anciens lauréats. C’est ainsi le cas d’un
nouveau procédé
de conservation du poisson qui, ne nécessitant
ni intrant chimique, ni apport d’énergie, permet
une stabilisation des produits, sans odeur et durant des mois,
voire des années.
Un développement de la fabrication du charbon
de biomasse convient tout particulièrement
à la région de Saint-Louis où, depuis la
construction du barrage de Diama, les roseaux envahissent le
cours du fleuve. Ce procédé original a déjà
été expérimenté dans une rizerie
de la région pour la valorisation de la balle de riz,
un déchet agricole dont on ne savait que faire jusqu’alors.
|
 |
 |