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F. Hollande aux Philippines : le Président attendu sur la question clé du financement de l’adaptation au changement climatique

A l’occasion de la prochaine visite de François Hollande aux Philippines, pays touché à plusieurs reprises par des typhons dévastateurs, six ONG françaises rappellent les lourdes conséquences du changement climatique et la nécessité de se mobiliser pour mieux financer l’adaptation.

Chaque année, 211 millions de personnes sont directement touchées par les catastrophes naturelles, soit cinq fois le nombre de victimes de conflits. Pourtant, les Etats-bailleurs, dont la France, ne semblent pas tenir compte de cette réalité. Moins de 1% de l’aide publique au développement mondiale (3,7 milliards de dollars) a été alloué à la réduction des risques de catastrophes dans les 40 pays les plus pauvres et les plus affectés par ces phénomènes [1].

« La réponse à l’urgence humanitaire est primordiale mais ne suffit pas. Il est urgent pour les Etats d’investir en amont pour minimiser les impacts. Il faut accompagner les communautés vulnérables à se préparer aux aléas naturels qui seront plus fréquents et intenses, on observe d’ailleurs déjà ce phénomène. L’action des ONG aux Philippines a démontré que l’adaptation au changement climatique peut faire la différence et sauver des vies », déclare Peggy Pascal, chargée de plaidoyer climat et sécurité alimentaire chez Action contre la Faim.

9 catastrophes sur 10 (sécheresses, inondations, cyclones, épidémies) sont liées au climat.

Les pertes liées aux catastrophes doublent toutes les décennies [2]. L’écart risque de se creuser entre les capacités de réponses humanitaires et les besoins. Les pertes et dommages irréversibles – vies humaines, perte de territoire et patrimoine culturel- vont augmenter.

« La France, présidente de la COP21, ne peut être crédible qu’en prenant les mesures nécessaires pour soutenir financièrement les plus vulnérables. L'accent mis ces dernières années par la France sur les prêts plutôt que les dons relève plus d'une logique de rentabilité que de solidarité, et surtout ne permet pas de répondre aux besoins des populations qui sont sur la ligne de front du dérèglement climatique », explique Romain Benicchio, porte-parole d’Oxfam France.

L’aide publique au développement existante est insuffisante pour faire face à ces enjeux. Les Etats doivent dégager des financements publics complémentaires.

« Au Niger, nous avons pu démontrer qu’1 euro investi dans l’adaptation permet d’en économiser 6 pour les communautés en cas de choc si l’on s’en tient aux prévisions actuelles de changement climatique. Le coût de l’inaction est une raison supplémentaire d’agir »,  déclare Aurélie Ceinos, chargée de mission changement climatique chez CARE France

L’objectif de réunir 100 milliards de dollars par an d’ici 2020 pour lutter contre le changement climatique - dont la moitié sera destinée à l’adaptation – est loin d’être atteint.

« La France doit donc faire avancer la taxe sur les transactions financières en Europe et être force de proposition dans le cadre de la COP mais aussi du G7 et du G20 pour mobiliser ses partenaires sur des mécanismes de financements innovants », souligne Matthieu Orphelin, porte-parole de la Fondation Nicolas Hulot.

fond vert pour le climat

Pour aller plus loin:

Quels financement innovants pour la transition énergétique et écologiques? 

CARE France

Oxfam France

 

Notes aux rédactions

1] D. Sparks, Aid investments in disaster risk reduction - rhetoric to action, Global Humanitarian Assistance, 2012

[2] UNISDR, Global Assessment Report on Disaster Risk Reduction: Revealing Risk, Redefining Development, Geneva, 2011

 

 

World COP 21 pour aller à la rencontre d’entrepreneurs qui ne se résignent pas.

À 23 ans, Flore Bergerault se lance dans une extraordinaire aventure, The COP Project qui à pour objectif d'aller à la rencontre d'entrepreneurs  qui ne se résignent pas.

Un projet coup de cœur de la Fondation Nicolas Hulot que nous vous faisons partager.

6 mois 2 continents 10 pays ; Flore a quitté la France début février, destination Bogota et la Colombie. Puis elle descendra l'Amérique du Sud (Équateur, Pérou, Bolivie, Argentine, Chili) avant de s'envoler vers l'Indonésie, le Vietnam, la Thaïlande, le Bangladesh et l'Inde. 

L'objectif dans chaque pays est de recueillir des témoignages auprès de personnes qui soutiennent ou sont impliquées dans des initiatives environnementales locales, et de communiquer sur ces solutions auprès de la société civile française, et ce en vue de la 21e Conférence Internationale sur le Climat qui se tiendra à Paris fin 2015.

Flore Bergerault

« C'est la COP 21 qui doit aboutir à un nouvel accord sur le climat, applicable à tous les pays, et qui permettra de respecter l'objectif que s'est fixée la Communauté Internationale de limiter le réchauffement climatique à 2 degrés au-dessus du niveau préindustriel !

La COP 21 est une échéance cruciale, et pour cette conférence, il est essentiel de mettre en avant des projets innovants et durables qui participent à atteindre cet objectif et de faire entendre la voix de ceux qui œuvrent dans le champ des solutions !

Le projet World COP 21 est né d'échanges et de discussions avec des associations qui dès aujourd'hui se mobilisent pour la COP 21. Et c'est en collaboration avec ces associations que je pars à la recherche de solutions innovantes dans quelques pays de l'hémisphère sud. Je remercie tout particulièrement la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l'Homme qui a accordé un coup de cœur 2015 au projet World COP 21 ! 

S'il me tient à cœur de partir, il me tient avant tout à cœur de communiquer intensivement sur ces projets innovants afin de nous donner envie d'agir et de transformer notre modèle actuel et de véhiculer une image positive de la lutte des pays de l'hémisphère sud contre le réchauffement climatique. »

 

Pour aller plus loin :

Le blog du projet : http://worldcop21.weebly.com

La page Facebook : https://www.facebook.com/worldcop21

Le compte Twitter : https://twitter.com/worldcop21

La video YouTube du projet : https://www.youtube.com/watch?v=BJ8bg-dozkg

La collecte de fonds crowdfunding : http://www.kisskissbankbank.com/world-cop-21

 

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Démocratie participative : une réforme à deux vitesses

Dans son discours prononcé en ouverture de la Conférence environnementale, le 27 novembre dernier, François Hollande a ouvert la voie au chantier de la « démocratie participative » afin d'en promouvoir un nouveau modèle en réponse aux évènements tragiques liés au barrage de Sivens. Un pas de temps de six mois a été annoncé par le Président de la République pour travailler avec le Conseil national pour la transition écologique (CNTE) des propositions d'amélioration de la démocratie participative : un chantier ambitieux qui répond à nos attentes et à la hauteur des enjeux.

democratie participative 2

Cependant, cette annonce s'inscrit dans un contexte politique chargé, et parfois contradictoire comme en témoigne notamment le projet de loi pour l'activité et la croissance, dit « loi Macron » actuellement en cours d'examen. Celui-ci comporte de nombreuses dispositions allant du travail le dimanche à la réforme de professions juridiques, et au milieu desquelles se trouvent des dispositions sur la participation du public (article 28). Pourquoi y insérer de telles dispositions sans même attendre le lancement du chantier annoncé par François Hollande ?

En séance publique devant l'Assemblée nationale depuis le 26 janvier, le texte a déjà été adopté en commission spéciale après avoir été amendé in extremis par l'ensemble des rapporteurs pour associer le Conseil National de la Transition Ecologique (CNTE) à la rédaction des ordonnances qui en résulteront. Cet amendement révèle bien une prise de conscience tardive de l'antinomie entre cet article et la réforme engagée par François Hollande pour améliorer la démocratie participative. 

Cette mesure ne suffit pas à rassurer ni à redonner toute sa lisibilité à la parole présidentielle, il est donc urgent d'extraire les dispositions relatives à la participation du public de la loi  « Macron » et de les réserver pour une loi dédiée, qui pourrait arriver au Parlement à l'issue du travail mené par Ségolène Royal avec le CNTE. Il faut absolument prendre le temps de la concertation et ne pas légiférer par ordonnance dans la précipitation sur des questions de participation du public et de démocratie participative qui sont l'occasion de redéfinir le fondement, les institutions et les outils pour la participation du public et de développer une participation efficace dès l'amont des projets sensibles sur la base d'études sérieuses et indépendantes de toutes les alternatives.

democratie1bis

Cela ne veut pas dire qu'il faille renoncer à tout. Le processus de modernisation du droit de l'environnement en cours comporte des idées à aménager, et même de bonnes idées. Mais en mélangeant le bon grain et le vraie, le gouvernement prend le risque de sacrifier l'enjeu de la démocratie environnementale au seul impératif de l'accélération des procédures. Obérant, par-là même, l'une des principales perspectives ouvertes par la conférence environnementale.  

Il importe surtout de se donner les moyens d'une réflexion collective et argumentée susceptible de traduire l'engagement présidentiel. Pour ce faire, il faudra tout à la fois repenser l'existant, recenser les difficultés à résoudre et les bonnes pratiques susceptibles de servir de modèle. Toutes choses en somme que la loi Macron, en son état actuel, laisse de côté. 

 

Pour aller plus loin nous vous proposons de découvrir nos ouvrages et publication sur le thème de la démocratie participative.

 

Merci à Nicolas Haverland pour ces illustrations.

Conférence Environnementale: nous saluons une feuille de route en cohérence avec l'ambition affichée

Pour la Fondation Nicolas Hulot, qui avait salué la conférence environnementale en novembre 2014, la feuille de route présentée ce 04 février 2015 par Manuel Valls et Ségolène Royal place la France sur la voie de la transition écologique et de l’exemplarité en vue de la COP 21. 16 des 22 mesures que la Fondation avait mises sur la table ont été retenues, un pari réussi sur le dialogue environnemental.

Si l’expérimentation de l’écotaxe dans des régions volontaires n’a pas été retenue, Nicolas Hulot a longuement échangé hier avec le Premier Ministre sur l’opportunité de rouvrir le dossier du basculement de la fiscalité pour réduire les prélèvements qui pèsent sur le travail et renforcer la fiscalité écologique et le principe pollueur payeur.

Sur la feuille de route, la Fondation Nicolas Hulot se félicite de plusieurs avancées importantes :

 

  • Fin des subventions à l’export pour toutes les activités liées au charbon. Ségolène Royal doit en préciser rapidement le calendrier qui devra être resseré dans la perspective de la COP 21 
  • Une action forte sur le diesel avec la mise en place d’une pastille pour l’identification des véhicules polluants et d’une prime de 500 euros pour les ménages non imposables qui remplaceraient leur vieux diesel par un véhicule neuf ou d’occasion émettant moins de 110 gCO2/km 
  • Un engagement pour l’interdiction de nouvelles substances dangereuses même si le calendrier et la position de la France sur les pesticides néonicotinoïdes doivent être précisés rapidement 
  • La mobilisation du CNTE pour préparer d’ici mai une réforme de la démocratie participative qui fera l’objet d’une loi dédiée. Pour la Fondation Nicoals Hulot, ce doit être l’occasion de redéfinir le fondement, les institutions et les outils pour la participation du public et de développer une participation efficace dès l’amont des projets sensibles sur la base d’études sérieuses et indépendantes de toutes les alternatives

 

D’autres mesures structurantes ont été ajoutées :  

- généralisation de l’indemnité kilométrique vélo dans la prochaine loi de finances, 

- soutien au fret ferroviaire, 

- possibilité de développer des plans de déplacements urbains simplifiés pour les petites agglomérations, 

- étude de l’intérêt d’une baisse généralisée des vitesses, 

- campagne d’information sur les dangers des pesticides,

- nouveaux soutiens financier pour soutenir la demande de bio local dans les cantines scolaires.

 

Ces mesures viennent s’ajouter à celles qui étaient déjà actées par le gouvernement : relance d’un comité pour l’économie verte, attribution du label grande cause nationale au climat en 2015 et la mobilisation des médias publics sur ce thème ou financement des projets de Transports Collectifs en Sites Propres.

 

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Actualité
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CNTE
conférence environnementale 2015

Vers un nouveau modèle de démocratie participative

A l'occasion de la troisième Conférence environnementale, François Hollande a annoncé le lancement d'un chantier pour promouvoir un nouveau modèle de démocratie participative qui devrait aboutir à l'adoption d'une loi cette année.  En tant que membre du Conseil national pour la Transition écologique (CNTE), la Fondation participera à ce chantier pour porter au débat ses propositions pour une démocratie renouvelée, écologique et participative.

 

Changer de modèle pour une démocratie plus participative

La multiplication des contestations autour des projets locaux, comme celui du barrage de Sivens aux conséquences dramatiques survenues fin 2014, est le symptôme d'un système démocratique en panne mais aussi le symbole de deux visions de la décision collective pourtant conciliables. Ce tragique événement a rappelé qu'il est grand temps d'ouvrir le chantier de la refonte de notre démocratie pour apporter plus de participation, de transparence et de légitimité à la décision publique.

Améliorer et déployer la démocratie participative en identifiant ses dysfonctionnements est le socle fondamental d'un nouveau système démocratique légitime et efficace. Le renouvellement de notre démocratie constitue un des leviers essentiels à mobiliser pour engager la transition écologique vers de nouveaux modèles de société qui préservent et partagent les biens communs (climat, biodiversité, fonctionnement des écosystèmes, eau douce...).

 

Une grande loi sur la démocratie participative ?

 Ségolène Royal a réaffirmé la nécessité de traduire au niveau législatif les résultats de ce chantier, cependant elle a évoqué deux pistes n'ayant pas la même ambition : intégrer des éléments dans la loi sur la biodiversité dont le passage devant le Parlement est prévu en mai, ou élaborer une loi entièrement dédiée à la démocratie participative qui passerait devant le Parlement à l'automne.

Pour la Fondation Nicolas Hulot, associer ces travaux à la loi sur la biodiversité représente certes une opportunité législative mais cela engendrerait le risque de limiter la réforme de la démocratie participative aux enjeux liés à la biodiversité.  L'ambition de la réforme et les enjeux liés à ce chantier sont pourtant bien plus larges et créent de fortes attentes. Pour la FNH, ce chantier devra nécessairement aboutir à une grande loi sur la démocratie participative comprenant trois volets :

 

1. Renforcer les bases de l'écologie participative pour son déploiement :

- définition d'un socle commun et solide de la participation du public

- redéfinition des institutions pour la participation du public afin de les rendre adéquates aux enjeux écologiques : travaux de réforme de la Commission nationale du Débat public.

- sur l'écologie au niveau global : réfléchir aux moyens d'améliorer la culture de la participation, de généraliser la participation du public sur des enjeux globaux, améliorer la concertation gouvernementale

 

2. Garantir dans le droit de l'environnement l'étude sérieuse de toutes les alternatives en amont des projets  avec la réforme de l'enquête publique, le débat public...

 

3. Introduire une réflexion sur les sciences participatives comme apport à la démocratie participative. 

 

Par ailleurs, la FNH a interpellé le Gouvernement sur un point de vigilance important  relatif au projet de loi pour la croissance et l'activité, dit « loi Macron ». Celui-ci comporte des mesures relatives à la participation du public, habilitant le gouvernement à légiférer par ordonnances, il est actuellement en discussion à l'Assemblée nationale. La FNH a demandé à ce que ces mesures soient disjointes du projet de loi et traitées dans le cadre des travaux annoncés par François Hollande. Sur un chantier aussi essentiel, garant du renouveau de la démocratie, il faut respecter le temps de l'élaboration des propositions et présenter les évolutions du droit de l'environnement devant les parlementaires.

 

En savoir  plus :

-       Communiqué de presse FNH / Humanité et Biodiversité sur la loi Macron 

-       Publication « démocratie participative : guide des outils pour agir » 

 

 

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NCourtoisFNH
Dans :
Parlons solutions
Tags :
citoyen
concertation
démocratie participative
débat public
dialogue

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