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Dans un monde qui se réchauffe, les 'bestioles' prennent de la hauteur

 


Une vague de chaleur balaie la planète et les plantes comme les animaux migrent vers un climat plus frais. C'est du moins ce que les scientifiques ont toujours présumé.

Il n'a pas été aisé jusqu'à présent d'établir un lien de cause à effet entre les migrations d'espèces et les changements climatiques, particulièrement en raison de l'activité humaine qui détruit les écosystèmes année après année.

Mais les chercheurs ont aujourd'hui accumulé plus de preuves de cette corrélation en compilant les données de 54 études scientifiques qui permettent collectivement d'établir une carte de l'étendue des habitats de plus de 2000 espèces, pour les quatre décennies passées. En moyenne, celle-ci témoigne du fait que les animaux cherchent de plus hautes altitudes et s'éloignent de l'équateur au même rythme que celui des changements climatiques, et à une vitesse supérieure à ce qu'on avait précédemment estimé.

En 2003, une étude de l'écologiste Camille Parmesan de l'Université de Austin, Texas, avait analysé toutes les études scientifiques connues ayant pour objet de suivre les habitats des espèces année après année jusque 1999. Cette « méta-analyse », tout comme d'autres similaires, avait conclu que les animaux et les plantes se déplaçaient de manière croissante plus au nord et en altitude.


Mais l'écologiste Chris Thomas de l'université de York en Grande Bretagne, se basant lui sur des calculs approximatifs, (qu'il assume comme tels), pense que ces taux de migration seraient bien plus rapides que ce que ces articles scientifiques avaient prédit. Et avec des données disponibles sur une décennie supplémentaire, soit de 2000 à 2009 - la décennie la plus chaude jamais enregistrée -, lui et ses collègues ont revisité le sujet pour établir leur propre méta-analyse. Il reconnaît cependant lui-même que sa nouvelle étude est assez limitée. Le manque d'articles/exposés scientifiques impliquait déjà une sélection géographique, soit seulement l'Europe et l'Amérique du nord, aucune donnée ne portant sur l'hémisphère sud, ni sur les espèces marines par ailleurs.

« Nous sommes prisonniers des données » dit-il. Mais en analysant les 54 études répondant à leurs critères, les chercheurs ont trouvé qu'en moyenne, les organismes vivants montent de 12,2 mètres par décennie, soit deux fois le rythme décrit précédemment dans les écrits. Et ils s'éloignent à un rythme de 17,6 km par décennie de l'Equateur, soit trois fois le rythme précédemment décrit.

Les chercheurs ont également calculé sur quelle distance les espèces devraient se déplacer dans une même région du monde pour rester à la même température. Il en ressort que les taux actuels de migration suivent en moyenne de près le taux de réchauffement année après année dans cette région, ce qui constituerait une forte preuve d'un lien direct avec les changements climatiques, affirment les chercheurs dans leur étude publiée dans le Science du 18 août.

Thomas était surpris de constater que les espèces se déplacent aussi vite au sol, car trouver un habitat de 0,5°C plus frais représente 50 à 60 km à parcourir. « C'est une distance assez importante à travers des paysages dominés par l'homme » souligne-t-il. De plus, il avait présumé que le taux des migrations en altitude serait plus rapide, étant donné que les espèces ont besoin pour cela de se déplacer de moins de 100 m pour voir la température baisser de 0,5°C, mais ce taux était plus lent, ce que les chercheurs ne peuvent s'expliquer. Ou bien les espèces sont maintenant coincées en haut des montagnes, spécule-t-il, ou alors, dans l'hémisphère nord, les espèces bougeraient peut-être autour des montagnes, latéralement vers la face nord, plus froide.

En examinant les données, les chercheurs étaient étonnés de voir qu'il n'y avait aucune différence entre des groupes taxinomiques : les plantes se déplacent au même rythme que les insectes, et les oiseaux ne vont pas plus vite que les mammifères. Mais lorsqu'ils regardèrent chaque espèce individuellement, ils trouvèrent qu'au sein de ces groupes taxinomiques, certaines espèces se déplaçaient bien plus vite que d'autres, comme le papillon Hesperia comma, qui s'est déplacé de 220 km en l'espace de deux décennies. Par ailleurs, 22% des espèces, comprenant le Bruant zizi, se déplacent même dans la direction opposée vers des températures plus chaudes, suggérant qu'ils ont des facultés d'adaptation plus importantes que d'autres face aux changements climatiques, affirme Thomas.

Camille Parmesan, qui n'était pas impliquée dans cette étude, travaille maintenant sur une autre méta- analyse qui tentera de mettre en évidence des points communs entre les espèces restées « à la traîne » par rapport à cette tendance de migration, celles-ci étant peut être plus adaptées aux changements climatiques.

Elle fait l'éloge des découvertes de cette étude en concluant « qu'il est agréable de voir que nous diffusons tous le même message ». La biologiste de la conservation Wendy Foden de l'UICN de Cambridge, au Royaume-Uni, qualifie ces découvertes d'encourageantes, car elles démontrent que les organismes vivants témoignent des changements climatiques et sont capables de s'adapter.

Mais elle s'inquiète néanmoins de savoir si elles seront capables de suivre le rythme si la planète continue de se réchauffer, encore plus rapidement qu'aujourd'hui.

Source : In Warming World, Critters Run to the Hills, by Sara Reardon, New Sciences Mag, 18/08/2011

Traduction : Sibylle Cazacu, Fondation pour la Nature et l'Homme

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