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Interview de Benoit Faraco sur l'annulation de la Taxe Carbone

photo Benoît Faraco


Suite à l'annulation de la Taxe Carbone par le Conseil constitutionnel, le mardi 29 décembre, Benoit Faraco, responsable du programme Changement climatique et énergie à la Fondation Nicolas Hulot, a dans une interview accordée au journal Le Monde le 30 décembre, expliqué la position de la Fondation sur l'annulation de la Taxe Carbone.

  • La taxe carbone était une des propositions du pacte écologique de Nicolas Hulot et un pilier du Grenelle de l'environnement. La décision du Conseil constitutionnel est-elle un coup d'arrêt pour la lutte contre le réchauffement climatique ?

Il est certain que le mois de décembre est un mois compliqué pour l'écologie après l'échec du sommet de Copenhague. Mais ces deux difficultés ne sont pas du même ordre. L'argumentaire du Conseil constitutionnel, qui dit que la loi telle qu'elle a été votée par le Parlement n'est pas conforme à la Constitution, ne remet pas en cause ni le fond ni l'utilité de la taxe carbone. Il s'agit aujourd'hui d'un simple problème "technique".

  • Que pensez-vous justement de l'argumentaire du Conseil constitutionnel ? Il explique que la moitié des émissions de gaz à effet de serre échappaient à la taxe par le biais des exemptions et qualifie la mesure d'"inégalitaire et inefficace" ?

Il y a deux sujets dans la décision du Conseil. Le premier, c'est qu'il y avait beaucoup d'exonérations qui ne nous semblaient pas justifiées à nous non plus. Le fait que le transport routier, les agriculteurs, les pêcheurs soient exonérés alors que ces secteurs contribuent comme les autres au réchauffement climatique nous semblait un vrai problème et nous l'avions fait savoir au moment de la commission Rocard qui a servi de base de travail au gouvernement.

Le deuxième point, plus complexe, concerne les industriels. Les grandes industries françaises sont déjà soumises à un système de taxe au niveau européen qui entrera en vigueur le 1er janvier 2013. C'est pour cette raison qu'elles avaient été exonérées de taxe carbone pour éviter que les industriels payent deux fois à partir de 2013. Sur ce point, le Conseil constitutionnel estime qu'il n'y a aucune raison que dans l'intervalle les industriels ne payent pas la taxe carbone. Il va donc falloir trouver un dispositif pour les deux ou trois prochaines années avant de basculer dans le système européen.

  • Ces exonérations n'illustrent-elles pas les difficultés pour le gouvernement de tenir ses promesses environnementales tout en ménageant son électorat ?

On a l'habitude, en France, d'exonérer les acteurs dès qu'il y a une protestation sans se projeter dans le futur. Or les taxes vertes doivent s'appliquer à tous pour être efficaces et bien comprises. Plutôt que de prévoir des exonérations, dont on sait qu'elles sont toujours difficiles politiquement et socialement à faire passer - on voit bien qu'aujourd'hui juridiquement c'est encore plus compliqué - nous avions proposé d'aider les ménages et les secteurs vulnérables à s'équiper en matériel moins consommateur d'énergie. Ces recommandations n'ont pas été retenues. Elles comprenaient la création d'un fond de précarité énergétique permettant aux ménages les plus pauvres de rénover leur maison gratuitement, et des mesures pour aider les secteurs les plus vulnérables (transports routiers, pêcheurs, etc.) à réduire leur consommation d'énergie. On a des solutions avec les énergies renouvelables pour les agriculteurs, des solutions informatiques et logistiques pour le transport routier. Il nous semblait plus intelligent d'aider les gens à résoudre le problème plutôt que de créer des ornières.

  • Un nouveau dispositif doit être présenté le 20 janvier. Comment la taxe carbone, qui est déjà peu populaire, peut-elle être améliorée ?

Cette mesure a été mal perçue parce qu'elle a été mal expliquée. Cela doit interpeller le gouvernement mais aussi l'ensemble des acteurs impliqués. Cette décision du Conseil constitutionnel est donc l'occasion de faire de la pédagogie mais aussi de remettre de l'ambition dans la mesure. On pourrait repartir sur une taxe un peu plus élevée, avec un vrai mécanisme de redistribution pour les ménages, et un grand plan d'action pour soutenir les entreprises et les ménages les plus vulnérables dans l'achat de nouvelles machines moins consommatrices et la rénovation de logements. Il y a une vraie cohérence à retrouver, et cette décision du Conseil est sans doute l'occasion de revoir la copie.

 

  • Sur le même sujet :

06/04/2010 - Point de vue : Fiscalité écologique et razzia planétaire. Tribune de Nicolas Hulot et Dominique Bourg. Le Monde

2/04/2010 - Nicolas Hulot s'exprime sur RTL sur l'abandon de la taxe carbone

24/03/2010 - Abandon de la taxe carbone : une rupture dans les ambitions françaises de protection de l'environnement.

23/03/2010 : Taxe carbone : Une déclaration incompréhensible ! Communiqué de presse

08/01/2010 - Taxe carbone, toujours indispensable. Tribune du Comité de Veille Ecologique. Le Monde.

07/01/2010 - Interview de Benoît Faraco sur l'annulation de la Taxe Carbone. Le Monde

21/12/2009 -  Bilan du passage de la taxe carbone au Parlement

10/11/2009 - Bilan du passage à l'Assemblée Nationale de la taxe carbone

15/09/2009 : Taxe carbone un premier pas vers une fiscalité verte.

14/10/2009 - La taxe carbone discutée à l'Assemblée Nationale

10/09/2009 : La taxe carbone, une mesure structurante du Pacte écologique enfin adoptée ! Communiqué de presse

08/09/2009 -  Interview de Nicolas Hulot sur la Contribution Climat-Energie. Libération

07/09/2009 - La CCE au coeur des débats de la rentrée.

31/07/2009 - Que retenir du rapport Rocard ?

08/07/2009 - Principales conclusions de la conférence d'experts sur la CCE

02/07/2009 - Une contribution climat-énergie pour préparer Copenhague. Tribune dU Comité de Veille Ecologique. Les Echos.

24/06/2009 - Position de la Fondation sur la conférence d'experts sur la CCE

09/06/2008 - Une fiscalité écologique la voie de la raison. Tribune de Nicolas Hulot

17/10/2007 - Grenelle de l'environnement - Réchauffement climatique : donner un prix au problème. Tribune de Nicolas Hulot et sir Nicholas Stern. Les Echos.

02/01/2007 - Interview de Jean-Marc Jancovici : vivre sans pétrole, pourquoi la "taxe carbone" est inévitable

  • Pour aller plus loin :

Les Etats et le carbone, de Patrick Criqui, Benoît Faraco et Alain Grandjean, Editions des PUF, novembre 2009. Présentation du livre ici >>>

Consultez notre Foire aux questions sur la taxe carbone

 

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1Commentaires

Posté par :
MAILLARD (non vérifié)

LETTRE OUVERTE AU POUVOIR POLITIQUE

SUJET : TAXE CARBONE

Il existe deux catégories d’hommes et femmes politiques :

- Ceux et celles qui le sont par ambition, attrait du pouvoir, pour les avantages et le désir d’enrichissement personnel : ils sont hélas, trop nombreux et méprisables !
- Ceux et celles qui ont la vocation de se préoccuper des problèmes de la société et vouloir y apporter des solutions : on les cherche car ils sont trop rares !

C’est aux premiers que cette lettre s’adresse principalement, ainsi qu’à ceux qui prétendent devoir les remplacer avec les mêmes arrières pensées…

La taxe carbone fait couler beaucoup d’encre et parler encore plus : toute cette cacophonie due à des intérêts peu avouables nous éloigne de plus en plus du but recherché.
Le but à poursuivre devrait être d’encourager les entreprises, industries, administrations et collectivités diverses à trouver les moyens de réduire efficacement leur consommation d’énergies polluantes.

COMMENT FAIRE ? C’est pourtant SIMPLE :

… au lieu d’instituer une taxe, la Trésorerie Nationale qui distribue abusivement l’argent qu’elle n’a pas, devrait trouver aussi le moyen de récompenser les organismes pour l’économie d’énergie réalisée, qui serait déclarée par un rapport annuel de bilan carbone.

REMPLACER LA TAXE PAR UNE REDUCTION D’IMPÔT : chercher l’opposition !

Pour les modalités d’application, il est évident qu’on ne peut s’adresser qu’à la deuxième catégorie d’hommes politiques citée plus haut : il va falloir chercher…

Attention, mesdames et messieurs les politiques, prenez garde d’être jugés dans quelques années par les générations futures, sur les conséquences de votre manque de décision conduisant à éviter le plus grand génocide que le monde ait jamais connu.
Le souvenir de l’épisode du sang contaminé ne vous rappelle rien ?
Aujourd’hui la situation est beaucoup plus grave !
Mais sans doute, étant donné que vous serez morts, vous pensez que cela ne vous concerne pas !

A la suite des catastrophes que nous avons subies et avant celles qui ne manqueront pas de se multiplier à l’avenir, que ceux qui ne croient pas au dérèglement climatique consultent les victimes de la côte vendéenne, pour ne citer que les plus proches !

Ecrite le 27 mars 2010,

G. MAILLARD
27 avn chanzy
44000 NANTES

Avec mes respects et s’il vous plait, ne pas classer cette lettre verticalement : transmettez la à vos « amis » de la première catégorie…

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