Le 10 juin dernier, Béatrice Robrolle-Mary, présidente de l’association Terre d’Abeilles, avait réuni élus, scientifiques et partenaires (entreprises, professionnels et ONG) à la maison des abeilles d’Ingrandes pour le lancement d’un projet majeur : un rucher conservatoire de l’Abeille noire et le développement d’un réseau européen pour en préserver le patrimoine génétique.
D’après Béatrice Robrolle-Mary, l’objectif de ce conservatoire est de pérenniser l’avenir de l’Abeille noire, « véritable écotype local, français et européen adapté à nos territoires » et de mettre à disposition des apiculteurs, les souches de reines d’Abeilles noires, analysées et contrôlées par le CNRS et le Muséum national d’histoire naturelle. Il s’agit également d’inciter à la création d’autres ruchers conservatoires, après ceux du Loiret et de Vendée, non seulement en France, mais en Europe, et de contribuer à une coordination renforcée entre les conservatoires et les professionnels d’une part, entre les professionnels et les scientifiques d’autre part.
Le professeur Lionel Garnery du CNRS (Université de Versailles/Saint-Quentin), spécialiste de la génétique de l’Abeille noire, a rappelé à l’occasion de cette manifestation, les principales causes de sa disparition accélérée, comme celles des pollinisateurs sauvages. La surmortalité des abeilles constatée depuis plus de 10 ans, certaines pratiques de professionnels peu organisés ont conduit à une altération importante dans certaines régions du patrimoine génétique de l’abeille sauvage. Dès lors, ce sont les capacités d’adaptation et d’évolution de l’Abeille noire, notamment face aux conséquences du changement climatique, qui se trouvent gravement altérées.
C’est en tant que partie prenante nationale du Grenelle de l’environnement, porteur avec Terres d’Abeilles et d’autres, d’un plan d’action national en faveur des pollinisateurs et de l’apiculture, que la Fondation Nicolas Hulot tenait à être présente. Son représentant, Jean-Jacques Blanchon a témoigné de l’importance que la Fondation accorde à cette initiative et plus largement aux actions à engager face à la gravité de la crise sanitaire et environnementale révélée par la mortalité des abeilles et des pollinisateurs. L’opportunité de la réforme de la politique agricole commune (PAC) pour soutenir le maintien et la restauration des infrastructures naturelles dans les paysages ruraux et le soutien apporté par la Fondation au lancement d’ici 2010 d’un observatoire des pollinisateurs avec le Muséum national d’histoire naturelle, dans le cadre de « Vigie nature », ont également été évoqués.
Le projet est soutenu par la Région Centre, les Départements du Loiret et de l’Indre ainsi que des entreprises.
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