Lors de la conférence sur la gouvernance de la haute mer organisée par le CESE (Conseil Economique, Social et Environnemental) le 11 avril à Paris, Nicolas Hulot, récemment désigné par François Hollande "envoyé spécial pour la protection de la planète", a pris la parole pour lancer un appel politique fort. Devant la ministre de l'écologie Delphine Batho, Nicolas Hulot a enjoint la France à "passer aux actes" et a spécifiquement interpelé le ministre délégué à la pêche Frédéric Cuvillier pour le presser de mettre fin au "non sens écologique et économique" qu'est la pêche en eaux profondes, caractéristique de ce qu'il nomme « la civilisation du gâchis ». En effet, l'activité de pêche profonde en France génère une empreinte écologique disproportionnée à sa taille : moins de dix navires, déficitaires malgré des aides publiques importantes, sont concernés. Nicolas proposition de la Commission européenne sur la pêche profonde. Son allocution a été interrompue par une salve d'applaudissements. Le Ministre délégué, qui devait intervenir le soir au CESE, a annulé sa venue.
La Commission européenne a en effet proposé en juillet dernier une refonte totale du régime réglementaire encadrant la pêche en eaux profondes et l'interdiction, deux ans après adoption du texte, des méthodes de pêche les plus destructrices pour l'environnement profond : la pêche au chalut de fond et les filets maillants de fond. L'appel de Nicolas Hulot s'inscrit dans la logique dominante du Parlement européen puisque les membres de la Commission Environnement ont soutenu à une majorité écrasante (58 votes contre 1) la proposition de la Commission européenne sur la pêche profonde le 20 mars dernier. La France, quant à elle, bataille fermement contre cette proposition de règlement.
Nicolas Hulot a rappelé que la France était très écoutée dans le domaine maritime mais qu'elle pouvait l'être plus encore si elle donnait l'exemple. En juin 2012, le Président Hollande nouvellement élu annonçait la même ambition au Sommet de la Terre de Rio+20 en déclarant que la France devait être « l'une des nations qui montrent l'exemple ». Trois mois plus tard, lors du discours prononcé au CESE dans le cadre de la conférence environnementale, François Hollande allait encore plus loin en dévoilant l'objectif de « faire de la France la Nation de l'excellence environnementale ».
En matière de pêche, quel comportement de la France depuis ces discours prometteurs ?
Le 6 février 2013, les députés socialistes français du Parlement européen ont voté contre toutes les délégations socialistes européennes, mais comme l'UMP, sur la réforme de la Politique Commune de la Pêche.
La France déploie actuellement à Bruxelles tout son génie diplomatique pour tenter de couler le règlement européen sur la pêche profonde, bien que celui-ci bénéficie principalement à six navires d'Intermarché, largement subventionnés par l'Etat et les Français. « La France est puissante d'un point de vue diplomatique. C'est donc désolant et désastreux de penser que tout le génie français de notre service public est mis au service des intérêts d'Intermarché » commente Claire Nouvian, fondatrice de BLOOM. « Nous sommes en train de durablement abimer notre image et notre crédibilité sur la scène internationale. »
Depuis près de dix ans, les chercheurs appellent la sphère politique à agir fortement pour préserver les environnements marins profonds, c'est pourquoi la Commission européenne a proposé un texte courageux qui offre les moyens concrets de préserver ces espaces et organismes vulnérables. « Si la France poursuit son entreprise politique perverse, elle portera la responsabilité d'avoir tué une proposition de règlement historique pour les océans, permettant une redéfinition du rapport de l'homme aux ressources marines sauvages et la mise en place d'une pêche réellement « durable » pour l'environnement comme pour les finances publiques. Cette attitude est-elle ce que le Président de la République qualifie « d'excellente environnementale ? » questionne Claire Nouvian.
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Mardi 12 février à 20h au Grand Rex à Paris, la projection de Chimpanzés, un nouveau film de Disneynature, sera suivie d'un entretien sur scène avec le Dr. Jane Goodall, Nicolas Hulot et le public.
« L'Institut Jane Goodall est fier de travailler en si étroite collaboration avec Disneynature pour la sortie de chimpanzés.
L'Institut est présent en Afrique depuis 35 ans et poursuit mes recherches débutées en 1960. Nous sommes ravis d'élargir notre mission et nos efforts à travers cette collaboration pour soutenir et honorer un film aussi fantastique.
Ensemble, nous pouvons véritablement faire une différence et nous sommes très heureux que Disneynature se joigne à notre engagement pour protéger l'habitat des chimpanzés, sauver et protéger des chimpanzés orphelins en République du Congo et instruire une nouvelle génération de jeunes. » Jane Goodall
En savoir plus :
> Site de présentation de l'avant-première
> Gorilles : Portraits intimes, de Florence Perroux et Sébastien Meys
Tribune de Patrick Doutreligne , directeur de la Fondation Abbé Pierre et Nicolas Hulot. Source : The Huffington Post, 11/12/2012
Cet hiver, comme chaque année, des millions de Français vont souffrir du froid. Les sans-abri, habituellement invisibles, font alors la Une des journaux de 20 heures. Déjà trop nombreux, ils sont aujourd'hui rejoints par 4,1 millions de ménages dans l'incapacité d'assumer leurs factures d'énergie. Cette année plus encore que la précédente, le coût des énergies et la mauvaise qualité thermique des logements, combinés à la croissance des inégalités et la stagnation des bas revenus, amèneront plus d'un ménage sur 6 à ressentir durement le froid, à dégrader leur santé en se privant de chauffage, à risquer l'incendie avec un système d'appoint... La précarité énergétique est un problème social majeur qui ne peut que s'aggraver si nous restons passifs dans un contexte économique et énergétique difficile.
Combien d'hivers faudra-t-il encore pour que la lutte contre la précarité énergétique devienne une priorité nationale ? Nous appelons le Président de la République et son gouvernement à mettre en œuvre des solutions nouvelles, à la mesure de cet enjeu.
Depuis plusieurs années, nos organisations mettent régulièrement sur la table des propositions pour lutter contre la précarité énergétique (1). Des actions ont été mises en place, mais le bilan reste mitigé. D'abord, le programme "Habiter mieux" ne concerne que les propriétaires-occupants, et exclut locataires et copropriétaires. D'autre part, les aides de ce programme peinent à être utilisées du fait d'un système trop complexe et de moyens humains insuffisants pour repérer et accompagner les bénéficiaires. Enfin, le projet d'extension des tarifs sociaux de l'électricité et du gaz n'est pas adapté, dans sa rédaction actuelle, pour apporter une réponse efficace.
On ne réduira pas la précarité énergétique en baissant la TVA sur l'énergie pour tous. On ne réduira pas les difficultés de ceux qui ne peuvent plus payer leurs pleins de carburant en baissant de quelques centimes les prix à la pompe. La précarité énergétique est autant la conséquence de l'inaction, d'une croissance continue des inégalités et d'une stagnation des bas revenus que de l'augmentation des tarifs de l'énergie. Ce qu'il faut c'est une politique efficace et juste, et des mesures immédiates, ciblées sur les ménages vulnérables. Introduisons plus de redistributivité dans la taxation de l'énergie. Elargissons et réformons l'affectation de la contribution au service public de l'électricité (CSPE) acquittée par chaque abonné. Elle pourrait financer un véritable bouclier énergétique en doublant le "forfait charges" des allocations logement. La problématique est identique dans la mobilité : une hausse de la fiscalité sur les carburants pourrait financer des aides ciblées sous forme de chèques mobilité.
Enfin, il faut prendre acte du lien indissociable qui unit transition écologique et précarité énergétique.
Jeudi 6 décembre, le président de la République a annoncé la nomination de Nicolas Hulot comme envoyé spécial pour la préservation de la planète. Une mission qu'il exercera à partir du mois de janvier 2013, de manière bénévole, en complément de son action à la tête de la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l'Homme.
"La Fondation se réjouit de cette opportunité unique, offerte à son président, de déployer sa pédagogie au-delà des frontières françaises. Nicolas Hulot est un homme de concertation et de dialogue qui saura créer des alliances, mutualiser les visions et les solutions au service de l'intérêt général" souligne Cécile Ostria, directrice générale de la Fondation.
Pour Nicolas Hulot : "Ce qui compte, c'est de mettre toute mon énergie au service de la préservation de la planète. Cette mission est une opportunité pour engager une nouvelle dynamique en faveur de la cause universelle que sont les enjeux écologiques et climatiques, en portant nos convictions auprès des instances et des décideurs internationaux. C'est aussi une opportunité pour porter la necessité de s'affranchir du court-terme. Je mettrai tout en œuvre pour convaincre les décideurs politiques, économiques et de la société civile, que je serai amené à rencontrer, que la crise écologique n'est pas une crise parmi d'autres, mais bien le dénominateur commun à toutes les crises (économique, financière et sociale). Garant de l'intérêt général, je serai vigilant aux décisions trop souvent prises dans l'instant, sans considération de leurs impacts et conséquences futurs".
Nicolas Hulot a accepté cette mission à la condition de l'exercer de manière bénévole, de garder son statut apolitique, sa totale liberté de parole et son rôle de président de la Fondation. Il mènera ses deux activités de façon complémentaire en veillant à ce que cette mission s'accorde avec la vision de la transition écologique qu'il entend porter avec sa Fondation.
Jeudi 4 octobre a eu lieu à la Cité des Sciences et de l'Industrie, une rencontre sur le thème de la transition de notre modèle énergétique entre Nicolas Hulot et la communauté de la Fondation. Une cinquantaine de personnes étaient présentes et des centaines d'internautes ont pu assister en direct à cet événement via un chat vidéo. Des questions ont été déposées en amont et pendant le chat vidéo. Nicolas Hulot et Benoit Faraco (porte-parole de la Fondation et expert Climat & Energie) ont répondu à quelques questions. Le nombre de questions recueillies étant très important, une FAQ sera disponible dans un mois sur le site lenergiecestmonchoix.fnh.org