Des logements sociaux oui, mais écolos s’il vous plaît !le 16.10.09
Qui a dit que les logements écolos étaient réservés aux plus riches ? Certainement pas le Chênelet qui, depuis 2000 se bat pour un habitat social de qualité peu coûteux en énergie. En construisant quatre premiers logements sociaux en bois et briques de terre crue en plein cœur de Saint-Denis (93), l'association chtie ambitionne de révolutionner le monde du bâtiment. Sans perdre de vue son objectif premier : fournir un emploi aux personnes en difficulté.
Le secteur résidentiel-tertiaire est le plus grand consommateur d'énergie en France. En 2006, plus de 42,7 millions de tonnes équivalent pétrole (Mtep) ont été consommées par les résidences principales. L'essentiel de l'énergie est consacré au chauffage (70 %), loin devant l'électricité (14 %), l'eau chaude (10 %) et la cuisson (6 %). Une consommation globale d'énergie qui représente un tiers du budget des ménages consacré au logement, soit près de 1 650 €, en moyenne, par an et par ménage 1.
En proposant des logements sociaux à basse consommation, le Chênelet contribue à la fois à préserver l'environnement et à diminuer les factures d'énergie des populations à bas revenus, tout en formant aux métiers du bâtiment des personnes en réinsertion.
1 Ademe : Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie
L'aventure du Chênelet dans le logement social à basse consommation démarre en 2000 dans le Pas-de-Calais. Pour assurer les travaux de gros œuvre, l'association crée alors sa propre entreprise d'insertion, Scierie Palettes du Littoral (SPL).
Forte du succès de sa première expérience, le Chênelet entre en contact avec le bailleur Logirep, en 2005, pour bâtir une quinzaine de logements sociaux à basse consommation dans le quartier de La Plaine, à Saint-Denis (Ile-de-France, France). L'association conçoit alors une gamme de maisons rapides à monter et construites à base de matières naturelles usuelles, comme la fibre de bois ou la ouate de cellulose, disponibles dans toute la France.
En 2008, quatre pavillons d'une centaine de mètres carrés certifiés Haute qualité environnementale sortent de terre dans le quartier Cristino Garcia (Saint-Denis). Deux d'entre eux sont proposés à la vente, tandis que les deux autres restent destinés à la location, via Logirep. Construits en bois, issu de coupe d'éclaircie des forêts du Pas-de-Calais, et en blocs de terre cuite, ils bénéficient également de chauffage au bois ou au gaz, de toitures végétalisées et d'un système de récupération des eaux de pluie.
Leur coût de construction se chiffre à 210 000 € par unité. Grâce aux subventions des collectivités, les primo accédants ne doivent débourser que 150 000 €. Les locataires bénéficient eux d'un tarif HLM qui s'élève à 520 € par mois.
En 2010, douze nouveaux logements sociaux à basse consommation devraient rejoindre le quartier Cristino Garcia. La mairie de Saint-Denis réfléchit également à du petit locatif à basse consommation.
Après étude, les responsables du Chênelet évaluent la consommation de chauffage quotidien entre 1,30 et 1,50 € pour les pavillons chauffés au bois. Soit 300 € en moyenne par an, un coût jusqu'à dix fois inférieur à la normale. La récupération des eaux de pluies permet, quant à elle, d'alimenter entièrement les sanitaires et la machine à laver, générant ainsi entre 30 et 40 % d'économie sur la facture annuelle d'eau.
Globalement, les maisons de Saint-Denis consomment quatre à cinq fois moins d'énergie qu'un habitat conventionnel.
Un argument qui peut justifier leur surcoût de 10 % à la construction, largement amorti en une dizaine d'années.
Autre source d'économie pour les habitants : la conception en bois et matériaux naturels, reconnue comme moins nocive en cas d'incendie, permet une réduction du montant de l'assurance logement de 20 %.
Le Chênelet, une pépinière de bonnes idées. En matière d'initiatives sociales et écologiques, l'association Chênelet fait coup double.
La première originalité consiste à proposer un parcours d'insertion évolutif et complet : du chantier d'insertion à l'entreprise, les personnes en situation précaire réapprennent progressivement à s'intégrer à la société, et plus particulièrement au monde du travail.
La deuxième innovation consiste à combiner cette démarche sociale à des travaux d'utilité écologique. Maraîchage bio, fabrication de blocs de terre crue, travail du bois, chaque emploi se fait en lien et dans le respect de la nature. Environnement et emploi se nourrissent ainsi mutuellement pour créer la dynamique Chênelet.
Marie-Claire Ganesco, Reporters d'espoirs







