Au coin le « fish and chips »
Un bon burger bien gras, une barquette de frites noyées dans le ketchup, une glace à la vanille et une boisson sucrée hyper-énergétique. Voici le « menu tradition » pour beaucoup d’élèves britanniques. Un danger pour la santé des jeunes sujets de Sa Majesté. Au Devon, région du sud de l’Angleterre, le Conseil du comté a appuyé la création de filières courtes pour fournir les cantines d’écoles en produits frais locaux, issus de l'agriculture biologique. Logique pour la région en tête de liste du classement de la production de fruits et légumes bio !
Filières courtes pour du long terme
Pour le comté du Devon, le projet Rafael était une opportunité à saisir. D’autant plus qu’il a fait des filières courtes une priorité dès 1998, avec le programme "Food links". Une filière qui ne se veut pas élitiste, mais qui au contraire, vise à l’inclusion des familles appartenant à tous les milieux, y compris les moins aisées. Investir dans ce projet, c’est également investir dans l’avenir car des enfants éduqués au respect du territoire et de ses produits deviendront des adultes beaucoup plus sensibles aux défis du développement durable. L’engagement de la collectivité locale témoigne d’ailleurs de l’ampleur des enjeux pour le bien-être de la communauté, que ce soit en termes de santé, d’emploi ou d’environnement.
Nourrir les enfants avec les fruits de leur terre, cultivés par des membres de leur communauté, c’est redonner du sens à la filière agroalimentaire.
Enjeux et objectifs
Dans les écoles primaires du comté du Devon, un enfant sur six (parmi ceux scolarisés en école primaire) a un excès de poids. Avec ses 24 395 hectares de terres cultivées certifiées biologiques, le Devon est pourtant la région du Royaume-Uni qui compte le plus grand nombre de producteurs bio : 464 agriculteurs certifiés 2. Le projet Rafael concerne trois pays de la côte atlantique européenne (Royame-Uni, France et Espagne) et vise à soutenir la consommation d'aliments locaux par l'intermédiaire de filières courtes. Le Conseil du comté du Devon a appliqué ce concept aux cantines scolaires.
Actions et modalités
Dans le cadre du programme européen Rafael, le projet est lancé en 2005 et est mené dans sept écoles du comté (4 392 écoliers concernés), dont certaines ont abandonné le service public d’approvisionnement des cantines et trouvent elles-mêmes leurs propres fournisseurs. Appuyé par la Soil Association, les responsables du programme ont conçu un "Fresh start menu", composé de produits locaux et de saison autour duquel plusieurs activités sont organisées pour favoriser la création de filières courtes et sensibiliser les publics et les acteurs concernés (enfants, familles, producteurs, fournisseurs). Au programme, pour les enfants, des visites de fermes, ateliers pratiques de cuisine, concours pour élaborer un nouveau menu "bio", etc. Pour les parents, l’opération "Grab a bag" (“Prenez un sac”), leur permet d'acheter, à la sortie de l'école, des paniers de légumes locaux au prix symbolique d’une livre sterling (les paniers sont proposés à prix bas par les agriculteurs qui y voient une occasion de promouvoir leurs produits). Enfin, pour les professionnels, des rencontres entre les cuisiniers des cantines ont lieu et deux événements "Faire affaire avec le Conseil" sont organisés pour faire connaître aux producteurs locaux les opportunités de devenir fournisseurs des produits du "Fresh start menu".
Le coût prévisionnel de ce programme est de 2,7 M€. 128 896 € sont assurés conjointement par le Conseil du comté du Devon et la Soil Association et le reste, par l'Union européenne.
Résultats
Au départ, sept écoles ont adopté le "Fresh start menu". En 2007, devant le succès de l'initiative, le Conseil du Devon étend ce dispositif à sept autres écoles du sud de la région. Pour fournir les produits frais et de saison requis par le menu, 100 entreprises et producteurs locaux ont répondu à l’appel du Conseil de comté pour la création de filières courtes dédiées.
¹ Devon public care trust, 2007
² Département de l’environnement, de l’alimentation et des affaires rurales-Defra, 2007
Andrea Paracchini
Journaliste Agence d’informations Reporters d’Espoirs
EN SAVOIR PLUS:







