Città Slow
Vivre ensemble demain
Une ruelle silencieuse et sans voiture donne sur un square bordé d’arbres. Un groupe y discute, à côté de l’ancienne boutique du cordonnier. Il commente satisfait la décision prise par la mairie de participer à l’installation de panneaux solaires. Cela se passe en Italie, mais il suffirait de visiter l’une des 116 villes au monde adhérentes au réseau "Città Slow" pour retrouver ce même décor. Leurs administrations s’engagent à promouvoir le développement durable, les productions et les savoir-faire locaux, la convivialité. Une démarche encore "exotique" pour la France.
Du « Bon vivre » à partager
Aucune ville française ne fait partie du réseau "Città Slow". Dommage, car ce n’est pas juste un label qu’on affiche à l’entrée de la ville. C’est avant tout une démarche, un mode de gouvernance, qui prône le respect de l’environnement et la solidarité entre les citoyens. Un exemple simple : dans la province de Pérouse, en Italie, neuf villes, très en retard sur la question des déchets, se sont associées pour inciter les habitants à trier leurs déchets. Par le biais d’une carte magnétique, chaque personne qui apporte ses déchets triés à la déchetterie peut enregistrer la quantité déposée et bénéficier, en retour, d’une remise sur son impôt local. Un dispositif qui a permis d’augmenter le taux de recyclage de 15 % à 35 %. Et les progrès continuent.
Mais "Città Slow" ne se limite pas à rectifier l’existant. Le Label engage les élus (et leurs successeurs) à faire toujours plus d’efforts pour améliorer la qualité de vie de leurs citoyens. A ceux qui craignent des excès de localisme, "Città Slow" répond que le réseau permet simplement le partage et la circulation des bonnes pratiques. Car les enjeux du développement durable sont communs à l’ensemble de la planète et la solidarité entre acteurs du changement peut se jouer à différentes échelles.
Enjeux et objectifs
60 % de français pensent que d’ici à 10 ans, ils vivront moins bien dans les villes. Prés de 70 % d’entre eux redoutent une ville plus peuplée et plus anonyme. Pour un français sur deux elle sera moins verte et plus dangereuse. Pour la majorité, elle devrait aussi devenir le terrain d’un développement urbain durable, notamment en termes d’énergie, de transports en commun, etc.¹ Au départ de l’Italie, un réseau mondial de petites villes cherche à faire de la qualité de vie, de la convivialité, de l’équilibre alimentaire et du développement durable les piliers des villes de demain.
Actions et modalités
Il y a dix ans, quand quatre maires de petites villes italiennes (Orvieto, Greve in Chianti, Positano et Brà) ont lancé "Città Slow", peu auraient misé sur l’essor de ce réseau international des villes du "bon vivre". Présent dans 16 pays, il a pour vocation de favoriser la circulation des expériences entre les membres à travers des rencontres techniques et le développement d’une plate-forme web internationale. A titre d’exemple, dans ces premières années d’existence, "Città Slow" a permis le transfert du modèle de guichet-conseil écologique d’une ville du Nord à une du Sud de l’Italie.
Le réseau est ouvert à toutes les villes du monde de moins de 50 000 habitants ayant réussi un parcours de sélection très strict : la candidate est passée au crible sur la base d’une liste de 52 critères concernant ses politiques environnementales, sa qualité de vie, la protection des produits locaux (filières courtes) mais aussi des métiers et traditions, etc. Pour être admise et se parer du logo (en forme d’escargot), la ville candidate doit obtenir un score d’au moins 50 % et doit s’engager à ne pas dépasser la taille de 50 000 habitants. Tous les trois ans, ces critères sont vérifiés par le comité de certification de "Città Slow" (faute d’engagement, certaines villes ont déjà été exclues du réseau).
Chaque ville a ses points forts et ses faiblesses, à savoir que les villes du nord de l’Europe, excellentes traditionnellement en matière d’environnement, sont plus faibles dans le soutien aux productions locales, à l’inverse des villes méditerranéennes.
Parmi les initiatives qui ont permis à certaines villes de décrocher leur certification, on compte la carte magnétique pour inciter au recyclage à Città del Lago (Italie du centre), la filière courte et la protection des traditions de pêche à Francavilla al Mare (côte adriatique) ou l’aide à la production locale pour la promotion de l’équilibre alimentaire et de la santé à Silly (Belgique).
Résultats
Début 2009, 116 villes arborent le colimaçon symbole du réseau, dont 65 en Italie. Alors que le réseau "Città Slow" est présent dans 16 pays du monde, aucune ville française n’en fait partie et aucune candidature n’a été avancée. En 2008, "Città Slow" s’est doté d’une régie internationale fédérant les membres des différents réseaux nationaux.
¹ TNS Sofres – Observatoire de la ville 2007
Andrea Parachinni
Journaliste Agence d’informations Reporters d’Espoirs
EN SAVOIR PLUS:www.cittaslow.net







