Demeure bourgeoise
"Demeure de caractère, fraîchement réhabilitée, très haute performance énergétique. Location de T1 et T3 à loyer modéré. Si intéressé : contacter la mairie de Fontenay-sous-Bois, Val de Marne." C’est cette dernière qui, en 2003, lance une opération sans précédent : faire d’une bâtisse bourgeoise du début du XXè siècle des logements HLM écologiquement exemplaires. La clé du succès : un nouvel isolant, dont l’utilisation a permis de réduire par huit la facture énergétique des nouveaux résidents. Une économie appréciable pour les petits porte-monnaie.

Les locataires, hérauts de la cause environnementale
Le poste logement représente une dépense considérable quand on dispose de faibles revenus. Dans ces conditions, les considérations d’ordre esthétiques ou environnementales passent au second plan. Priorité : trouver un toit. Certains promoteurs peu scrupuleux l’ont bien compris, et n’hésitent pas à louer à prix d’or des "logements" indignes et insalubres. A Fontenay-sous-Bois, la mairie a choisi de donner la priorité à l'homme, en proposant à des ménages disposant de petits moyens des logements à loyers modérés, certes, néanmoins à très haute performance énergétique et dans un cadre de caractère. Bien plus qu’un logement et une respiration économique, c’est un nouveau mode de vie qu’elle a offert à ces résidents. Convertis, gageons qu’ils en deviendront les hérauts.
Enjeux et objectifs
La loi Rénovation du 13 mars 2007 (France) rend obligatoire une rénovation thermique globale lors de la réhabilitation d’un bâtiment existant supérieur à 1 000 m², et fixe des exigences de performances minimales pour les plus petits.
Il faut savoir qu’un nouvel habitat basse consommation est 10 à 20 fois moins gourmand en énergie qu’un autre construit dans les années 1960. Par ailleurs, une bonne isolation de la toiture et des façades permet une économie d’énergie de 20 % à 30 %¹.
L'objectif de cette initiative est de réhabiliter une demeure ancienne en logements sociaux à très haute performance énergétique.
Actions et modalités
Tout commence en 2003, quand la mairie de Fontenay-sous-Bois décide de réhabiliter une demeure bourgeoise du début du XXe siècle en logements sociaux. Cette rénovation doit être l'occasion d'en faire, dans le même temps, un bâtiment exemplaire en termes de performance énergétique. Pour ce faire, la mairie fait appel à trois partenaires : la LogiRep, société de gestion de logements HLM et maître d'œuvre du projet, une société spécialiste de l’industrie chimique et l'organisme de R&D CSTB (Centre scientifique et technique du bâtiment). Une des ambitions du projet est de transposer en France le concept allemand de "maison trois litres" (30 kWh/m²/an), et de réduire ainsi la consommation énergétique des habitations.
La clé de voûte de cette opération est l'utilisation d’un nouveau matériau appliqué sur les façades, la toiture et les sous-bassements pour une isolation thermique par l'extérieur. Ce produit s’avère innovant en plusieurs points. Il permet une réduction de 50 % des matières premières employées, ainsi que des économies importantes en termes de coût et de ressources. Par ailleurs, il dispose du même pouvoir isolant qu'un matériau classique, pour une épaisseur réduite de 15 à 20 %. Il se présente sous la forme de plaques de granulés de polystyrène mélangé à du porogène, qui le rend plus expansible. Elles renferment également de minuscules particules de graphite, qui agissent comme des réflecteurs pour piéger le rayonnement thermique. De sorte que, en hiver, la chaleur est contenue à l'intérieur, et repoussée vers l'extérieur en été. Il a été employé en complément d'autres aménagements écologiques : matériaux à changements de phase pour réguler la température intérieure; chaudière à condensation basse température; système de ventilation double flux à récupération de chaleur; double vitrage peu émissif avec lame d'argon; plancher chauffant basse température ou encore cuve de récupération des eaux pluviales pour l'arrosage du jardin.
Coût de l'opération : 2 M€, foncier compris. Soit un surcoût de 18 % par rapport à une opération HQE² standard (dont 6 % liés à la performance énergétique et 12 % à l'architecture). Mais retour sur investissement garanti.
Résultats
Huit logements sociaux de type T1 à T3 ont été aménagés dans l'ancienne bâtisse. Quatorze personnes y ont emménagé depuis janvier 2007. Grâce à cet isolent hors du commun, leur facture énergétique a été réduite par huit, passant de 400 kWh/m²/an à 58 kWh/m²/an.
¹ les Amis de la Terre, Guide "Rénovation thermique de mon logement", septembre 2007
² Haute qualité envrionnementale
Lisa Azorin
Agence d’informations Reporters d’espoirs
EN SAVOIR PLUS:www.polylogis.f






