L’école du Colibri
Une pédagogie au plus près de la terre et de l’humain : c’est ce qu’offre depuis 2006 l’école des Amanins, dans la Drôme (France). Ce centre de séjour a été co-fondé par l'agro-écologue Pierre Rabhi. Une trentaine d’élèves vient y suivre les enseignements élémentaires du CP au CM2 dans un cadre naturel et agricole. Ils sont initiés à l’agriculture écologique, sensibilisés aux questions environnementales et apprennent à travailler dans un esprit de coopération.
Place à la jeune génération
On souhaite sincèrement que les enfants d’aujourd’hui quels que soient leur éducation, leur école, leur parent, deviennent une génération d’écolos !
Non plus militants mais convaincus, accomplis, élevés dans une société où les enjeux environnementaux sont omniprésents. Si, en 2009, l’éducation au développement durable (EDD) n’est pas encore sur toutes les ardoises, elle est tout de même appelée à prendre une importance croissante au fil des ans. Les écoles comme celles du Colibri, où les enfants dans le cadre d’un apprentissage global, renouent des liens directs avec la nature et deviennent conscients de leur communauté d’origine, feront des adultes et parents avec de nouvelles valeurs à transmettre..
Isabelle Peloux et Pierre Rabhi ne sont pas de doux rêveurs, simplement des précurseurs.
Enjeux et objectifs
Depuis 2004, les ministères français de l’Ecologie et de l’Education nationale travaillent en étroite collaboration pour orienter l’éducation vers les nouvelles problématiques du développement durable. De leur côté, de nombreux établissements scolaires réfléchissent à la transition vers l’E3D (établissement en démarche de développement durable)¹.
Intégré au programme scolaire, l’objectif de l’école du Colibri est d’initier les enfants à l’agro-écologie, démarche qui associe le développement agricole à la protection de l'environnement en intègrant les dimensions économiques, sociales et politiques de la vie humaine...
Les élèves sont alors sensibilisés à la nécessité de prendre soin de leur "jardin planétaire".
Actions et modalités
L’école du Colibri s’inscrit dans le projet des Amanins. Fondé en 2004 notamment par Pierre Rabhi et Isabelle Peloux, ce centre propose depuis l’été 2008 des formations en agro-écologie. Cette démarche concilie développement agricole et préservation des écosystèmes. L’école du Colibri a ouvert ses portes à la rentrée 2006. Elle accueille une trentaine d’élèves dans une classe unique allant du CP au CM2 et encadrée par deux jeunes institutrices. Une place importante est réservée à l’aide individuelle, spécialement à l’attention des 20 % d’élèves en grande difficulté. Isabelle Peloux, ancienne enseignante et formatrice spécialisée en psychologie, a voulu créer un lieu de vie ouvert où l’apprentissage va de pair avec la mise en situation. Le programme officiel (maths, français, etc.) est ainsi complété par des applications sur le terrain, grâce aux infrastructures et aux professionnels du centre agro-écologique des Amanins.
Les enfants participent tout au long de l’année à l’élaboration d’un jardin potager. Ils découvrent l’élevage, les cultures céréalières, la transformation du lait en fromage et du blé en pain, en apprennent plus sur la nutrition, les énergies, le recyclage, etc. La cantine sert aux élèves les produits frais qu’ils ont récoltés.
En classe, le travail se fait par projets et dans un esprit de coopération. Les enfants animent par ailleurs chaque semaine des ateliers d’expression orale, d’argumentation et d’initiation à la philosophie. Les parents jouent un rôle actif dans l’école. Ils se réunissent régulièrement avec les enseignantes et participent, une demi-journée par mois, au ménage et à la cantine. Ils contribuent financièrement à hauteur de 35 € par mois (un montant compris dans la fourchette des tarifs d’une école privée en France).
Résultats
L’école du Colibri aborde en 2008-2009 sa troisième année d’existence, avec 32 élèves sur les bancs et 80 demandes sur liste d’attente. La première année, deux élèves étaient inscrits en CM2. Ils ont fait leur entrée au collège en 2007, générant de "très bons échos", selon Isabelle Peloux, et suscitant même la curiosité de certains enseignants envers cette forme de pédagogie. En 2008, trois autres élèves ont obtenu aisément leur passage en 6ème. L’école doit attendre encore trois ans la reconnaissance de l’Education nationale comme établissement privé sous contrat simple. En attendant cette date légale, elle est assimilée à de l’enseignement à domicile.
¹ Ministère de l’Education nationale : bulletin officiel n°14 du 5 avril 2007 : "Généralisation de l’éducation au développement durable"
² Dé
Alexandre Barbe
Agence d’informations Reporters d’espoirs
EN SAVOIR PLUS:www.lesamanins.com






