Sinca Noua
Sous le règne communiste de Nicolae Ceaucescu, le village de Sinca Noua fut privé de son statut de municipalité pendant 34 ans. En 2002, il retrouve son identité et s’engage, deux ans plus tard, à devenir une commune écologique. Désormais, cent procédures de certification en agriculture biologique ont abouti et de nombreux engagements écologiques fleurissent pour une cohésion plus durable des 1 800 habitants.
Des villages tout bio
A l’heure où l’agriculture biologique connaît une véritable ascension, les habitants de Sinca Noua et son maire Dumitru Flucus ne sont pas en reste. Pleinement investis dans la démarche écologique du village, ils ont construit ensemble, autour de ces pratiques, une véritable identité régionale. Après 20 ans de dictature, ils y ont vu le moyen de retrouver leur dignité, de créer un lien social unique et de devenir une commune exemplaire. Sans oublier l’ouverture sur le monde qu’offre le tourisme et plus encore l’éco-tourisme. Tout comme Correns ou Barjac en France, les collectivités rurales d’Europe sont de plus en plus nombreuses à se convertir au bio. Un mouvement que nous pouvons tous encourager quotidiennement…
Enjeux et objectifs
Opposée à la collectivisation sous le règne de Ceaucescu, c’est en 1968 que Sinca Noua perd son statut de commune. En 1990, les habitants créent une association dont l’objectif principal est la reconquête de ce statut par des démarches légales intensives. Après 12 ans de lutte, le parlement roumain, en 2002, reconnait enfin l’existence de Sinca Noua en tant que village. Dans le cadre d’une refonte de la politique agricole en Roumanie dans les années 1990, 4,7 millions de Roumains sont devenus propriétaires d’exploitations agricoles.
Aujourd’hui près de 7 000 ropriétaires d’exploitations agricoles ont entrepris une reconversion en agriculture biologique¹.
Afin de maintenir un village vivant, le maire et les habitants développent une stratégie de développement local, fondée sur un partenariat avec Wulkow, une commune écologique allemande. L’objectif est de transformer le site en un éco-village, basé sur l’agriculture biologique et l’écotourisme.
Actions et modalités
Bien décidée à faire renaître le village, l’équipe municipale de Sinca Noua lance en 2004 un programme d’agriculture écologique et d’écotourisme. Elle signe pour cela un partenariat avec l’éco-village de Wulkow (Brandenburg, Allemagne). Dans le cadre de ce jumelage, Wulkow exige de Sinca Noua un plan de développement durable sur 20 ans. Dumitru Flucus, le maire, commence, en 2005, par déclarer la commune "région sans OGM" et entreprend une démarche de certification biologique pour tous les terrains agricoles des alentours. Avec ses 1 800 habitants, la commune s’étend sur 8 695 hectares (ha), dont 4 800 ha de forêts, 3 700 ha de terres agricoles et 195 ha de zone urbaine. Les 250 micros-fermes élèvent essentiellement des vaches laitières et des ovins. Leur production végétale comprend principalement du maïs, des pommes de terre et des haricots. Et le tout est géré de façon durable. Pour compléter les revenus agricoles, les habitants de Sinca Noua ont lancé un programme d’écotourisme. Deux auberges accueillent déjà des touristes, deux autres sont en construction.
Résultats
En 2005, Sinca Noua obtient fièrement le titre de "village européen" de la part de l’Union européenne. Cent fermes ont été certifiées "agriculture biologique" par la société de contrôle et d’éco-certification roumaine EcoInspect. Un pari qui semble gagné.
¹ FiBL, Institut européen de recherche de l’agriculture biologique, rapport d’activité 2004
Agathe Seydoux
Agence d’informations Reporters d’espoirs







