Transport sanitaire en partage
On connaissait le covoiturage pour partir en vacances ou pour aller au boulot. Désormais, c’est pour aller se faire soigner qu’on partage le même véhicule. A la fois écolo et économe pour l’Assurance maladie, le transport sanitaire partagé s’applique aujourd’hui dans trois établissements d’Aix-en-Provence dans les Bouches-du-Rhône et pourrait bien s’étendre à toute la France dans les prochaines années.
Tout roule pour le transport sanitaire partagé
Accepter de partager le transport sanitaire, c’est faire deux bonnes actions en une. D’une part pour l’environnement. En conduisant trois patients au lieu d’un, les transporteurs épargnent deux trajets aller-retour et donc de nombreuses émissions de CO₂. Des économies de carburant qui se répercutent également sur le budget de l’Assurance maladie. D’autre part, de l’avis même des patients volontaires, cette mesure favorise les rencontres créant ainsi du lien et permet d’évacuer l’angoisse liée aux soins. Social, environnemental, économique, le covoiturage, c’est la santé !
Enjeux et objectifs
En 2006, la dépense de transport réglée par l’assurance maladie s’élevait à 2,2 Mds € dont 1,5 facturés par des entreprises de transport sanitaire. Entreprises qui ont, elles-mêmes, augmenté leurs dépenses de 6,7 % en 2006¹. L’objectif est de rationnaliser les déplacements et de générer des économies pour l’assurance maladie sans que la prise en charge des patients n’en pâtisse.
Actions et modalités
Inscrit depuis 2003 dans la Convention nationale des transporteurs sanitaires privés, le transport sanitaire partagé devrait s’appliquer aux 4 887 sociétés d’ambulances en France disposant de véhicules sanitaires légers (VSL). Nécessitant de gros efforts de logistique, cette mesure reste toutefois ignorée de la majorité des professionnels de la santé. En 2008, la Caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) des Bouches-du-Rhône, le groupement de sociétés de transport sanitaire A13 et trois établissements de santé aixois (le centre de rééducation fonctionnelle des Feuillades, le centre de convalescence de Sibourg et la polyclinique du Parc Rambot) décident de signer une convention de partenariat garantissant la mise en œuvre du transport partagé. Objectif : réduire le montant des remboursements de l’assurance maladie en incitant les patients qui se rendent dans les mêmes structures de soins, à des horaires rapprochés, à partager le même véhicule. Une mesure qui se prête particulièrement aux patients recevant des soins réguliers (hospitalisation de jour, radiothérapie, chimiothérapie, rééducation fonctionnelle). Seules conditions requises : ne pas transporter plus de trois personnes par VSL et s’assurer de l’état de santé des malades ainsi que de leur accord.
Résultats
Tout au long de l’année 2008, les centres de Sibourg et des Feuillades (Rééducation) pratiquaient en moyenne respectivement 30 % et à 55 % de transport partagé sur le nombre total de transports en VSL. Sur les séances de radiothérapie, la Polyclinique du Parc Rambot a pratiqué un taux de partage de 40%. Par exemple, sans le covoiturage, l’assurance maladie paie 60 € pour trois transports individuels (20 € par personne). Avec le transport partagé, l’abattement est de 40 % (soit 12 € par personne). L’Assurance Maladie ne paie plus que 36 € pour les trois personnes au lieu des 60 € si elles étaient conduites séparément. Ce système, s’il est bien conduit et généralisé à toute la France, permettrait à la CPAM d’économiser 30 à 40 M€ par an (Estimations FNTS).
¹ Fédération nationale des transporteurs sanitaires (FNTS), dossier transport sanitaire, mai 2008
Marie Claire Ganesco
Journaliste Agence d’informations Reporters d’Espoirs







