Sur le questionnement qui résulte de ce film
9- Comment ce film est-il né et à quoi songiez-vous ?
10- Pourquoi avoir accentué les images sur le Japon, et l'Amérique ?
11- Ne reflète-t-il pas une forme de philosophie du désespoir ?
12- Préserver pour partager semble un leitmotiv incontournable ?
13- N'est-on pas assis sur une poudrière des inégalités ?
15- On parle peu de la nature dans votre film, plus de politique et d'économie...
16- Votre film parle de limites, de décroissance. Les gens y sont-ils prêts ?
18- Qui pensez-vous interpeller avec ce film ?
20- Dans le film, on n'a pas de réponse. Est-ce voulu ?
21- La taxe carbone n'est-elle pas encore en débat ?
22- Les politiques agissent-ils suffisamment ?
23- Le combat écologique est-il à la hauteur du portrait de la planète révélé par votre film ?
26- Sur quoi vous basez-vous pour tenir vos propos ? Etes-vous un scientifique ?
28- Qu'évoque pour vous la notion de développement durable ?
29- On a le sentiment que vos propos se radicalisent ?
30- Humainement, quel serait le facilitateur de la nécessaire mutation ?
31- Alors que vous avez parcouru le monde, quelle est votre destination préférée ?
32- Quelle est votre prochaine étape d'engagement ?
9- Comment ce film est-il né et à quoi songiez-vous ?
« On a commencé à parler de ce film il y a quatre ans. Depuis lors, le contexte a changé, le film est plus contemporain que mon livre éponyme, que je voulais adapter. Au final, je ne considère pas qu'il s'agit d'un film environnemental ou écologique. Il évoque plutôt la combinaison des crises, celle du modèle dans lequel nous vivons.
« Je dis au début du film que "longtemps, je me suis accommodé de la réalité". C'est sa raison d'être. Le moment est venu où l'on ne peut plus faire de concessions avec la réalité ; elle est trop complexe et trop grave pour la tamiser. Elle est sans précédent dans l'histoire de l'humanité. Les concitoyens du monde entier n'en ont pas vraiment conscience. Or tout se joue en ce moment. »
10- Pourquoi avoir accentué les images sur le Japon, et l'Amérique ?
« Le film a été tourné dans une trentaine de pays. Dans un monde qui devient majoritairement urbain, certaines scènes de la vie courante sont quasi universelles et c'est un tableau de notre civilisation que nous avons voulu faire avec Jean-Albert Lièvre. Certaines images sont tournées en Europe, mais l'œil peut croire tant les ressemblances sont fortes, qu'elles ont été tournées en Asie. »
11- Ne reflète-t-il pas une forme de philosophie du désespoir ?
« Je n'avais jamais pensé que mon combat devrait être aussi intense. Alors qu'on se situe sur un enjeu d'intérêt universel, je vois bien l'inertie dans laquelle nous sommes et c'est vrai que je passe parfois par des phases de doute. Le positivisme hérité du XIXe siècle est encore excessivement efficace. Mais je vois parallèlement que le génie humain ne fait jamais défaut quand on a besoin de lui.
« Nous avons remis dans le commentaire la fameuse phrase d'Einstein qui dit que "notre époque se caractérise par la profusion des moyens et la confusion des intentions". Nos actions ont échappé à nos intentions. Nous avons une opportunité à un coup, c'est en l'espace de quelques années que ça va se jouer, pour redéfinir l'ambition du projet humain. »
12- Préserver pour partager semble un leitmotiv incontournable ?
« Il y a deux priorités : préserver nos ressources au sens large du terme, et partager. La première conditionne la seconde. Quand on est dans la pénurie, quand l'essentiel vient à manquer, ce qui nous pend au nez pour beaucoup de choses, les valeurs liées à la démocratie ne résistent pas longtemps.
« C'est un appel à la mobilisation, un appel à l'action. Il faut que les citoyens valident, accompagnent, voire inventent un nouveau modèle. Même si on ne s'occupe pas de l'état de notre planète, il va se passer quelque chose. Sans notre consentement, la nature va procéder a des ajustements et ce sera excessivement violent. Je rappelle qu'il y a d'ores et déjà 300 000 morts par an dans le monde du fait des changements climatiques. »
13- N'est-on pas assis sur une poudrière des inégalités ?
« Oui, je suis inquiet, parce que je n'ai pas simplement une vision livresque des évènements. Pour ce qui concerne l'état de la nature, je fais partie de ceux qui ont pu voir l'accélération des phénomènes de manière très concrète. Depuis le temps que je voyage, j'ai aussi vu les inégalités se creuser. Elles deviennent d'autant plus obscènes que dans les endroits les plus reculés, il y a toujours une fenêtre sur le monde, qu'il s'agisse de la télévision ou d'Internet. Et les gens là-bas savent que, tout près, de l'autre côté du mur, d'autres se vautrent dans l'opulence et le gâchis. Ça crée des points de tension énormes, des frustrations et des humiliations. Où que j'aille, ce fossé nord-sud n'a jamais été aussi marqué.
« Il va bien falloir éliminer les gâchis et les excès, y compris dans les concentrations de richesse. Il faudra mettre des limites partout. Autoriser, interdire, réguler, suspendre, renoncer... Sinon, ca ne tiendra pas. »
14- Quel est le lien entre l'Amérique du Nord et l'Afrique ? Entre l'écologie, la misère et la surconsommation ?
« La crise écologique frappe prioritairement ceux qui sont déjà les plus exposés. Un exemple : au Darfour, un basculement climatique s'est traduit par un degré de température de plus. Des éleveurs de chameaux nomades ont été condamnés à se déplacer et à entrer en compétition avec des agriculteurs sédentaires. Ce qui a mis le feu aux poudres.
Cette situation critique affecte d'abord le Sud mais aussi ceux qui sont le plus exposés au Nord. C'est un devoir des pays riches de s'occuper de ces enjeux parce que c'est notre mode de consommation et de production qui en est responsable. Tout est lié. »
15- On parle peu de la nature dans votre film, plus de politique et d'économie...
« C'est que la crise écologique s'est combinée aux autres crises. Et qu'elle aggrave les inégalités. Le film n'aborde pas le constat de la crise écologique, il essaie d'induire les causes. Pourquoi est-on dans cette situation ? Cela tient, en partie, à notre incapacité chronique à nous fixer des limites. Or, on va être obligé de le faire en raison de deux contraintes majeures. 1. La planète ne s'étend pas au fur et à mesure de nos besoins. 2. Dans un monde où tout se voit, vous ne pouvez condamner les exclus à rester spectateurs. Forcément, à un moment ou un autre, une partie de l'humanité se réveillera. »
16- Votre film parle de limites, de décroissance. Les gens y sont-ils prêts ?
« Je parle de croissance et de décroissance sélectives. C'est un autre concept. Prenons l'exemple du pétrole. Dès lors que l'on puise dans des stocks finis (non renouvelables), il va falloir préparer leur décroissance. Sinon, la nature va procéder à des ajustements assez douloureux : si on attend l'épuisement des stocks, on va entrer dans des périodes de rationnement et la loi du plus fort va primer. L'idée, c'est donc de choisir non en fonction de critères idéologiques mais de contraintes physiques. Cela doit nous obliger à éviter, par exemple, les échanges de biens de consommation qui se croisent dans les airs ou sur les océans. Va-t-on y arriver volontairement ? J'en doute mais j'essaie d'y croire. »
17- Dans le film, vous évoquez que personne ne sait où le monde nous conduit même si au fond de nous, on le sait. Que voulez-vous dire ?
« On voit bien que nos actions ont échappé à nos intentions. Quelque part, nous avons trop bien réussi. En cinquante ans, nos sociétés occidentales ont tellement évolué que nous n'avons plus le recul nécessaire pour appréhender cette profusion de technologies. On est complètement à la traîne des choses et on se dit que les choses vont s'arranger. On a du mal à accepter que l'on ne sait pas où l'on va, que l'on a perdu les rennes. Au fil du temps, on a confondu deux notions : le progrès et la performance. Or, quel est le sens du progrès ? Pourquoi produit-on des richesses ? Jusqu'à présent, nos sociétés ont été mues par deux principes, jamais remis en cause. 1. Le principe technologique : tout ce qu'on a su faire on l'a fait, sans évaluer si cela améliorait la condition humaine. 2. Le principe économique : dès qu'on avait les moyens de s'approprier des choses, on le faisait. Compte tenu de la gravité de la situation, il va falloir concentrer nos moyens sur ce qui me semble prioritaire : la préservation de la planète - et donc de nos ressources - et le partage de nos richesses. Mais encore faut-il qu'il y ait quelque chose à partager... »
18- Qui pensez-vous interpeller avec ce film ?
« J'ai conscience que des citoyens, des acteurs économiques et des élus locaux font déjà beaucoup et que cela risque d'être effacé par les tendances lourdes de la société. Il faut donc une mutation radicale et elle ne pourra être mise en œuvre que par les politiques. Mais pour que les politiques agissent, il faut que les citoyens expriment cette volonté. Serons-nous prêts, nous les citoyens, à mettre en cohérence nos actions et nos intentions ? Comme, par exemple, pour la taxe carbone, en prenant le temps de comprendre la pertinence des choses ? »
19- On peut faire des écogestes, mais on a l'impression que cela reste à notre petit niveau. En tant qu'individu que peut-on faire ?
« Ce film ne veut ni culpabiliser ni moraliser. Il veut responsabiliser. Responsabiliser, c'est nous mettre devant nos responsabilités.
Certains ont plus de marge de manœuvre que d'autres parce qu'ils ont plus de revenus, plus de temps. Ce film, bien entendu, vise les politiques. Il s'agit de leur dire : "Maintenant, allez plus loin !" Dans cette mutation, les individus auront une responsabilité. Si demain, par exemple, les politiques décident que plus un seul véhicule automobile ne doit émettre plus de 50 gr de CO2, la société va-t-elle dire bravo ? Je pense qu'on aura de nouveau une fronde en disant que c'est une atteinte à notre liberté... »
20- Dans le film, on n'a pas de réponse. Est-ce voulu ?
« Le choc est peut-être tellement important qu'on n'entend pas de suite les grands principes énoncés dans le film. Mais vous verrez qu'on a un petit temps d'avance. Ces notions de croissance et de décroissance sélectives ont des applications politiques très concrètes. Cela nous oblige à réhabiliter la puissance publique, afin qu'elle intervienne pour fixer des limites en fonction des réserves de telle ressource et des objectifs de répartition des richesses. Cela n'a pas été du tout la logique du modèle dominant. C'est une remise en cause de ce mode de croissance. »
Par ailleurs, un film n'est pas un tout. Ma propre Fondation engage une grande réflexion sous la bannière "Evolution : Chapitre 2". Il s'agit à la fois de poursuivre le dialogue avec les décideurs politiques en mettant au débat des grands principes directeurs pour refondre le système et de poursuivre l'accompagnement du grand public. En effet, si demain, les Etats proposent des moyens pour engager la mutation de nos sociétés, il faut que les citoyens soient prêts pour les valider »
En savoir plus :
www.fondation-nicolas-hulot.org
21- La taxe carbone n'est-elle pas encore en débat ?
« Je pense qu'on va revenir à de la rationalité dans les mois qui viennent. C'est un sujet trop sérieux pour en faire un objet d'affrontement politicien. C'est d'ailleurs contraire à l'esprit du Pacte écologique signé par les candidats à la présidentielle de 2007. A l'époque, il n'y avait pas l'épaisseur d'une feuille de cigarette entre les uns et les autres sur le principe. Sur les modalités, chacun avait des réserves et c'est bien normal. Mais tous les experts, tous les économistes, y compris les partenaires sociaux, sont tombés d'accord sur l'efficacité de cette fiscalité qui nous oblige à anticiper la hausse des prix de l'énergie en diminuant notre consommation. C'est la première des priorités. Et ce n'est pas en attendant que l'ensemble du parc automobile se soit transformé en parc électrique qu'on va régler le problème.
« La France s'est engagée à diviser par quatre ses émissions de gaz à effet de serre. Le levier principal consiste à donner un prix au carbone. Et c'est aussi un signal. Attendre, c'est livrer en pâture les "précaires énergétiques" à des envolées inévitables de prix. »
« On doit respecter trois principes concernant cette taxe : un prix à la tonne suffisant pour qu'il ait un impact sur la consommation, la progressivité du prix inscrit noir sur blanc dans le texte, et la redistribution. Mais cette contribution climat-énergie doit s'intégrer à un dispositif complet, des bonus-malus, des subventions, des crédits d'impôt et l'écoconditionnalité du grand emprunt. Ça, c'est pour l'immédiat.
« Pour le reste, notre film prend position pour une croissance et une décroissance sélectives. Il faut agir sur les flux. Par exemple, instaurer de nouvelles règles pour que ne viennent pas du bout du monde des produits que l'on trouve dans les circuits courts de commercialisation. »
NB : Pour en savoir plus sur la taxe carbone, vous pouvez consulter la foire aux questions (FAQ) sur le sujet
22- Les politiques agissent-ils suffisamment ?
« En France et en Europe, il n'y a jamais eu autant de choses de faites. Mais, les phénomènes que l'on combat vont plus vite que les réponses apportées. »
23- Le combat écologique est-il à la hauteur du portrait de la planète révélé par votre film ?
« Ce qui est fait ici et maintenant n'est pas suffisant pour faire face aux deux priorités évoquées dans notre film : la protection de nos ressources et le partage de nos richesses, et qu'il faudra aller beaucoup plus loin dans la mutation en procédant à des renoncements consentis et à des acquiescements. Parmi les nombreuses crises qui se combinent, il ne faudra pas occulter la crise de la démocratie notamment se poser la question de cette atomisation du pouvoir, ou en d'autres termes de cette confiscation d'une partie du pouvoir de nos hommes et nos femmes politiques. Il faudra donc revitaliser nos principes démocratiques et recentrer les pouvoirs auprès de ceux que nous aurons démocratiquement choisis. »
24- Serons-nous capables de changer spontanément ou est-ce que c'est le temps qui va nous dicter la mutation ?
« C'est une question fondamentale et l'avenir n'est désespérant que si on laisse le temps nous infliger le changement. Ce film se veut un simple appel pour la première solution car je pense que si nous organisons la mutation, si chacun prend sa part de créativité, nous pouvons faire un saut qualitatif. Mais je ne suis pas naïf, l'histoire nous a montré que l'homme n'est pas toujours apte à l'anticipation. Pour autant, j'essaie de ne pas céder à notre pire ennemi qui est le fatalisme. »
25- Un engagement politique n'apporterait-il pas au combat que vous menez un impact plus fort au niveau national et international ?
« Jusqu'à présent, j'ai pensé que mon rôle était plus efficace avec une certaine neutralité pour créer de la convergence de tous les acteurs de la société sur un sujet aussi complexe et, sans vouloir faire preuve d'immodestie, je pense qu'avec la Fondation nous avons une responsabilité dans la mutation écologique que notre pays a quand même amorcée. Même si, bien entendu, je considère qu'on est au tout début d'un processus. Pour faire court, je m'interroge souvent pour savoir là où je serai le plus efficace et je suis convaincu que ce rôle extérieur - qui n'est pas toujours visible médiatiquement car l'essentiel du travail se fait en coulisse - est jusqu'a présent le meilleur choix. Un seul exemple : si la loi Grenelle a été votée à l'unanimité, on n'y est pas totalement étranger. Si le paquet climat-énergie a été voté dans un contexte difficile, je pense que nous y sommes un petit peu pour quelque chose. Mais en disant cela, j'ai bien conscience aussi des limites de notre influence et de notre pouvoir. »
26- Sur quoi vous basez-vous pour tenir vos propos ? Etes-vous un scientifique ?
« Je ne suis pas un scientifique et n'ai pas la prétention de l'être. Dois-je pour autant être proscrit ? Quand on consacre 20 ans de sa vie à un combat avec un environnement d'experts et de scientifiques, on finit peut-être par avoir une petite notion des choses. Quand Joseph Stiglitz, prix Nobel d'économie, ou Nicholas Stern, ancien patron de la banque mondiale, jugent depuis longtemps de l'efficacité indéniable de cette taxe carbone, peut-être que vous leur ferez plus confiance. Mais quand on vous dit qu'il est aberrant que 90% de nos prélèvements obligatoires portent sur le travail. L'idée est de basculer la fiscalité du travail pour doper l'emploi, sur la fiscalité énergétique et environnementale. Ne pensez-vous pas qu'il y a là un certain bon sens ? Car c'est bien les impacts énergétiques et environnementaux qu'il faut réguler et non pas le travail. Vous dire aussi que votre préoccupation sociale légitime doit garder à l'esprit que si on ne fait rien, la gravité des menaces que cette combinaison de crise fait planer frappera prioritairement les plus pauvres et les plus démunis. »
27- Pourquoi dit-on que des morceaux de banquise qui se détachent sont signes de réels dangers pour l'humanité ?
« Plusieurs milliers de scientifiques de 63 pays différents pluridisciplinaires se sont vus confier à travers le GIEC la mission de savoir si les changements climatiques dûs aux activités humaines étaient avérés ou non. Avec des moyens d'investigation sans équivalent, ils ont sans l'ombre d'un doute malheureusement, confirmé ces inquiétudes. Deux derniers rapports nous montrent que les changements climatiques sont déjà responsables de 300 000 morts par an. Alors je crois qu'il faut être très prudent quand on joue avec les faits. Le profane que je suis doit à un moment ou à un autre faire confiance à ceux à qui on a confié l'expertise. »
28- Qu'évoque pour vous la notion de développement durable ?
« La notion de développement durable est pour moi transitoire, la mutation écologique reste à faire et pour cela, il faut changer d'échelle. C'est bien le message de notre film. »
29- On a le sentiment que vos propos se radicalisent ?
« Mettre l'avenir l'homme au cœur du système me semble davantage relever de la "normalité"... Ce ne sont pas mes propos qui se radicalisent mais bien les phénomènes qui s'accélèrent. Nous le constatons tous les jours, nous sommes à un carrefour de difficultés sans équivalent, qui met l'humanité au pied du mur. Crise du vivant, crise financière, économique, sociale, énergétique, alimentaire, climatique, écologique... Chacun aura compris qu'elles se croisent, se combinent, s'alimentent et dévoilent au bout du compte une crise globale ou systémique qui appelle donc une réponse systémique.
Mais pour qu'un monde nouveau puisse germer, il faut que chaque individu sur Terre soit convaincu qu'on peut faire autrement, et qu'il y va de notre propre intérêt d'accompagner, d'organiser et de participer à cette mutation qui mobilise ce que nous avons de meilleur à partager : l'éthique et la solidarité. »
+ complément à lire dans question 1- Ce film est davantage un appel à la raison et un acte politique qu'un documentaire sur la crise écologique. D'ailleurs, la «belle nature sauvage» est la grande absente...»
30- Humainement, quel serait le facilitateur de la mutation que vous évoquez ?
« Cessons de mijoter nos petits préjugés comme si on avait l'éternité devant nous et essayons de voir plutôt chez l'autre ce qu'il y a de bon et de bien plutôt que de mettre en exergue ses incohérences. Martin Luther King disait "On est condamné à s'aimer ou à mourir comme des imbéciles."
31- Alors que vous avez parcouru le monde, quelle est votre destination préférée ?
Au risque de vous surprendre, c'est la France qui a ma préférence.
32- Quelle est votre prochaine étape d'engagement ?
Contribuer avec d'autres à ce que la prochaine conférence de Copenhague soit à la hauteur des enjeux. C'est sans doute le sommet international sur l'environnement le plus important depuis le Sommet de la Terre de Johannesburg en 2002. La 1re période d'application du protocole de Kyôto se terminant en 2012, l'objectif de cette COP-MOP (Conference of the Parties - Meeting of the Parties) de Copenhague est donc de trouver un accord entre tous les pays sur les suites à donner au protocole de Kyôto. Cette conférence est une sorte d'ultimatum. C'est l'occasion ultime pour que des engagements concrets soient enfin pris sur une réduction mondiale des émissions de gaz à effet de serre en vue de lutter contre le changement climatique.
En savoir plus :
www.fondation-nicolas-hulot.org
33- Témoignage d'un spectateur : Je souhaitais exprimer directement ma réaction après le visionnage de ce film...
"J'ai trente neuf ans et je suis conducteur de tramway à Bordeaux. J'ai eu l'immense plaisir d'assister à la projection en avant-première de votre film : Le syndrome du Titanic le 3 septembre dernier.
Trop ému et certainement trop intimidé, je n'ai pu prendre la parole pour vous exprimer directement ma réaction après le visionnage de ce film.
Aussi, je le fais ici. Tout d'abord merci pour la qualité didactique de ce document qui est un instantané formidable de l'état de notre planète et des abus qu'elle subit du fait de l'inconscience et de l'irrespect des hommes qui la peuplent.
Merci pour votre acharnement et votre total dévouement depuis tant d'années qui participent à sensibiliser toujours plus de monde aux drames qui se jouent.
Merci de nous bousculer dans notre petit confort matériel égoïste et stérile qui n'a d'autre vertu qu'un plaisir éphémère.
Merci enfin de m'offrir de manière si bien argumentée la matière qui me permet aujourd'hui à moi, père de 3 enfants, de nourrir leur éducation, de les informer sur les enjeux de demain et de leur inculquer les valeurs de respect de l'autre mais aussi de respect du milieu naturel dans lequel nous vivons.
Votre travail, persévérance, passion et désintéressement ont conduit à nous émouvoir et à remettre en cause notre façon de vivre.
Aussi, mon rôle et mon devoir, pour que cette somme d'énergie et de vérité ne reste pas sans actes et sans effets, est, d'encourager des maintenant mes enfants à adopter les comportements qui feront d'eux des adultes responsables ; condition indispensable à l'élaboration d'un avenir meilleur pour eux et leurs descendants.
Voilà, comme vous l'avez si bien illustré, à l'instar du Colibri amazonien, je veux prendre ma part d'efforts, aussi humble soit-elle, pour éteindre ce gigantesque incendie qui menace de tous nous consumer."





Sur le film en général
