Penser la transition

Qualité de l’air : un défi sanitaire et social

Publié le 11 janvier 2017
Le constat est sans appel : la pollution de l’air est un fléau majeur de notre époque. Les seuils d’alerte sont régulièrement dépassés en particulier dans les zones les plus denses de la planète, affectant la santé de centaines de millions de personnes et en particulier des plus vulnérables, les enfants en premier lieu. L’exposition à la pollution est plus forte dans les pays en développement, où les normes environnementales sur les émissions sont les plus faibles, et touche davantage les populations précaires dans les pays développés.

L’enjeu sanitaire est reconnu par les institutions (Organisation Mondiale de la santé en tête) et pour les populations, la qualité de l’air est devenue un sujet de préoccupation majeur. Les sources de pollutions sur lesquelles nous pouvons agir sont connues. Pour autant, les réponses à ce défi ne font pas l’unanimité parce que justement elles touchent aux modes de vie et à l’organisation des sociétés, y compris aux rapports sociaux. Autant de raisons qui, pour la Fondation Nicolas Hulot, font de la qualité de l’air un des enjeux prioritaires de la transition écologique.

Pour l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), le simple fait de « respirer de l'air pur est considéré comme une condition essentielle de la santé et du bien-être de l'homme ».

La qualité de l’air : résultat d’un équilibre

Les polluants atmosphériques peuvent être d’origine naturelle (émis par la végétation, les océans, les volcans, vents de sable) ou produits par les activités humaines : trafic routier, chauffage, agriculture intensive (avec intrants), activités industrielles. Les principaux gaz sources de pollution sont les particules fines (PM10 et PM2,5), les oxydes d’azote (NOx), les composant organiques volatiles (COV), le benzène, les pesticides. L’ozone et les particules secondaires sont des polluants dits « secondaires » et proviennent des réactions chimiques des gaz entre eux.
La qualité de l'air est le résultat d’un équilibre entre la présence de polluants et les phénomènes de dispersion et de transformation de ces polluants dans l'environnement. D’où le rôle de la météo, souvent invoquée au cours des épisodes de pollution, même si ce n’est pas la cause de la pollution. A niveau d’émission équivalent, les concentrations, et donc le niveau de pollution peut varier !
Pour en savoir plus sur les polluants et leurs sources, consultez le site de AirParif.

Pollution de l’air et changement climatique ont tous deux pour origine les activités humaines : transports, agriculture, industrie, chauffage… Mais n’ont pas tout à fait les mêmes facteurs. Le changement climatique est généré par l’augmentation de la concentration dans l’air de gaz à effet de serre : CO2, méthane, protoxyde d’azote, hydrofluorocarbure. C’est un phénomène global alors que la pollution de l’air a un caractère local ou régional, et que ses effets sont directement observables sur l’environnement et la santé. Deux phénomènes distincts mais dont les effets s’additionnent. En effet, l'ozone et les particules agissent aussi sur le changement climatique. L'ozone a tendance à réchauffer l'atmosphère tandis que les aérosols tendent à la refroidir. Les changements climatiques ont un impact sur la pollution de l'air : augmentation des canicules par exemple qui ont des impacts sur les niveaux d’ozone.

La pollution de l’air : un fléau invisible

Les pics de pollution et les alertes, nombreuses en 2016 de par le monde, ne doivent pas masquer les niveaux de pollution quotidiens, qui trop souvent sont au-dessus des seuils recommandés par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). En 2014, 92% de la population mondiale vivait dans des endroits où les lignes directrices de l’OMS relatives à la qualité de l’air n’étaient pas respectées. En zone urbaine, cette pollution a augmenté de 8% entre 2008 et 2013. Selon la Banque mondiale, la pollution de l'air est désormais la première cause environnementale de mort prématurée, devant les problèmes d’hygiène et d’approvisionnement en eau potable.

Un fléau qui coûte cher à la collectivité. Selon l’OCDE, les coûts annuels en termes de bien-être attribuables aux décès prématurés consécutifs à la pollution de l’air extérieur pour les pays occidentaux, la Chine et l’Inde ont été évalués à 3 500 milliards de dollars en 2015. À titre d’exemple en France, la pollution coûte jusqu’à 100 milliards d’euros aux collectivités dont 20 à 30 concernent uniquement les dommages sanitaires causés par les particules (commission d’enquête du Sénat).

Le fléau de la pollution touche en premier lieu les populations des pays en développement, et ce en lien avec l’utilisation de carburants sales (dirty diesel), de bois ou de charbon pour se chauffer. Plus généralement, au-delà des frontières, à Paris, New Delhi, Pékin ou Mexico, ce sont souvent les populations les plus pauvres qui sont les plus exposées, de par la proximité des lieux de vie avec le trafic routier ou les zones industrielles (Institut de recherche sur la santé, l’environnement et le travail).

Pollution et santé

Les pics de pollution sont moins nocifs sur la santé que l’exposition chronique quotidienne. Pour cette raison, l’information régulière de tous sur les niveaux de pollution et les précautions à prendre sont déterminantes.

Les enfants sont particulièrement vulnérables en raison de leur physiologie. Un enfant respire deux fois plus vite et absorbe plus d’air par unité de poids qu’un adulte, ses voies respiratoires sont plus fragiles et la pollution impacte directement son système immunitaire.

Les effets notoires sont : augmentation des affections respiratoires et de la morbidité cardio-vasculaire, dégradation de la fonction ventilatoire, des défenses de l'organisme aux infections microbiennes, augmentation des allergies (plus de 20% de la population française est aujourd’hui atteint d’une allergie respiratoire selon le Réseau National de Surveillance Aérobiologique (RNSA), accroissement des maladies neurodégénératives, impacts sur le développement et la dégénérescence du cerveau.

  • Le nombre de décès dans le monde, imputables à la pollution de l’air est de 7 millions de personnes par an, selon l’OMS en 2015.
  • Les enfants des pays à revenus faibles et intermédiaires sont les plus touchés, 88 % des affections liées à la qualité de l’air extérieur sont recensées dans ces pays, notamment en Asie et en Afrique.
  • Chaque année en France, plus de 48 000 décès prématurés sont liés aux problèmes d’asthme, aux cancers, aux maladies respiratoires et cardio-vasculaire (source Santé publique France). La pollution de l’air est responsable d’une perte d’espérance de vie de 9 à 15 mois en fonction de la zone d’habitation (urbaine, rurale).

Les actions de la Fondation Nicolas Hulot

La Fondation Nicolas Hulot soutient la mise en œuvre de politiques nationales et territoriales nécessaires à l’amélioration de la qualité de l’air dans le cadre de la transition écologique. Ses principaux axes d’actions et de plaidoyer auprès des décideurs nationaux sont :

Soutenir la transition vers une mobilité durable :

La FNH soutient le développement des transports collectifs et partagés, des modes actifs comme le vélo et la marche pour les trajets courts, promeut les véhicules électriques et les carburants alternatifs, et se mobilise pour une fiscalité alignée sur le principe pollueur payeur.

La Fondation Nicolas Hulot plaide notamment pour un calendrier déterminé de suppression de l’avantage fiscal au diesel.

o    Voir le dossier sur le diesel, « Pollution au diesel : quelles solutions ? »
o    Voir la vidéo pédagogique : Pollution du diesel : quelles solutions ?
o    Lire la contribution au débat : «  Faut-il interdire le diesel ? »
o    Et les réactions à l’actualité :

Pour en savoir plus:

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