Penser la transition

Quatre mois après la COP 21, qu’en est-il de l’esprit du Bourget ?

Publié le 15 avril 2016
Il est encore trop tôt pour dresser un premier bilan, l’application des mesures de l’accord de Paris étant en cours. En attendant la COP 22 en novembre, la France doit jouer son rôle de médiateur à l’international et se montrer exemplaire au niveau national.

En tant que présidente de la COP 21, la France a la responsabilité de préparer dans les meilleures conditions la COP 22 qui se déroulera au Maroc en novembre prochain. Son rôle est double : elle doit faciliter les négociations internationales relatives à l’accord de Paris et appliquer elle même l’accord le plus rapidement possible pour montrer l’exemple notamment en publiant sa programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE) qui doit permettre de respecter les engagements pris dans le loi de transition énergétique et mettre un terme à la construction de projets climaticides comme l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes.

bilan COP21

Au niveau international, la France doit maintenant concrétiser les promesses de financements climats annoncées pendant la COP 21 (2 milliards supplémentaires dont 400 millions de dons pour l’adaptation) dans la prochaine loi de finance. Ces financements doivent être alloués à des projets réellement bénéfiques pour le climat et les populations locales en privilégiant par exemple une vision décentralisée de l’électrification. Au niveau européen la France doit prendre le leadership pour que la réforme des marchés EU-ETS européens et la mise en place de la taxe sur les transactions financières (TTF) se fassent rapidement.

bourget COP21

La politique commerciale de la France doit également être cohérente avec l’accord de Paris, et par conséquent mettre un terme aux négociations des traités commerciaux de nouvelles générations comme le TAFTA (ou TTIP ou PTCI) avec les Etats-Unis ou le CETA avec le Canada qui pourraient s’ils étaient conclus avoir des conséquences sociales et environnementales désastreuses de part et d’autre de l’atlantique. De même, la France doit prendre des positions fermes afin que les négociations en cours à l’IMO* et à l’OACI** aboutissent et que le trafic aérien et maritime aient aussi un rôle dans la lutte contre le réchauffement climatique. La conférence de Paris pourra être considérée comme un succès si ces engagements sont respectés.

* Organisation Maritime Internationale
** Organisation de l’aviation civile internationale