Communiqué de presse

Le gouvernement n’a plus que 9 mois  pour mettre la biodiversité à son agenda 

Publié le 02 septembre 2021

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Pour porter les priorités de sa Fondation à l’occasion du congrès mondial de la nature,  Nicolas Hulot fera partie de la délégation accompagnant Emmanuel Macron dans le parc national des calanques.

Statu quo annoncé sur la PAC, retour provisoire des néonicotinoïdes, échec sur le glyphosate… la biodiversité est absente des priorités du gouvernement. Avec la Présidence française de l’Union Européenne qui s’ouvrira en janvier, il a l'occasion de mettre la biodiversité à son agenda politique. Alors que le congrès mondial de l’UICN à Marseille offre l’une des trop rares séquences pour regarder en face à ce que les scientifiques décrivent comme la sixième extinction de masse, la Fondation et son président d’Honneur Nicolas Hulot seront sur place pour porter auprès du président de la République et des autres décideurs politiques présents sur place trois sujets stratégiques à la mesure du défi à relever : des mesures-miroirs au niveau européen, la fin du glyphosate en Europe dès 2022 et une PAC tournée vers l’agro-écologie. 
 

La biodiversité, un sujet “dans les cartons” depuis 3 ans

L’abandon de Notre Dame des Landes a placé le début du quinquennat sur une bonne lancée en matière de biodiversité. Malheureusement, depuis la démission de Nicolas Hulot il y a trois ans, la biodiversité n’est plus un sujet. En effet, au-delà de discours, peu d’actions concrètes et surtout des renoncements qui ont marqué les esprits : la ré-autorisation temporaire des pesticides néonicotinoïdes 4 ans après le vote de la loi biodiversité et l’abandon de l’objectif de campagne du Président sur la fin du glyphosate. 

La présidence française de l’Union Européenne (PFUE) : dernière opportunité pour éviter un quinquennat perdu pour la biodiversité

La PFUE doit à la fois mettre la France sur le chemin de l'exemplarité et faire avancer les dossiers sur la biodiversité. En ce sens, la transition agricole est stratégique et la France peut avancer de concert sur deux leviers indissociables.

Des mesures-miroirs pour permettre la transition agro-écologique tout en protégeant le monde agricole.

Il est injuste de demander aux agriculteurs de faire des efforts en matière de changement de pratiques, si on les met en situation de concurrence déloyale. La FNH pousse la mise en place d’un règlement sur les mesures miroirs pour interdire l’importation de denrées produites avec des substances interdites en Europe. La France doit faire de cette proposition son étendard politique pour ses 6 mois de présidence d’autant qu’elle peut piloter une forte alliance entre les associations environnementales et les agriculteurs.

Si les mesures miroirs sont une condition nécessaire, elles ne sont pas suffisantes à la transition.

La non-réautorisation du glyphosate dès fin 2022 et des moyens ambitieux de la PAC pour accompagner les agriculteurs vers la transformation des systèmes de production et la réduction des pesticides. 

La France ne peut plus se permettre de se donner des objectifs de réduction des pesticides sans donner aux agriculteurs les moyens de les atteindre. Les derniers chiffres des Ministères sur l’usage des pesticides montrent qu’on est loin du compte et la Cour des Comptes conclut que la contribution de la PAC n’a pas permis d’enrayer le déclin de la biodiversité (2020). Comme le démontre la FNH, seul 1% des financements publics dédiés aux acteurs de l'alimentation a un impact avéré sur la réduction des pesticides. 

Pour agir pleinement la France doit dans les prochains mois :

  • Porter une proposition ferme de fin du glyphosate pour fin décembre 2022 en œuvrant à rassembler une majorité d’Etats membres autour de son ambition
  • Rouvrir les négociations sur le Plan Stratégique National de la PAC, notamment pour discriminer les niveaux de paiements accordés aux agriculteurs en fonction de l’effort consenti et des bénéfices pour l’environnement. En effet, actuellement aucune distinction n’est faite entre les exploitations agricoles en HVE et en agriculture bio. Pourtant, les aides à l’agriculture biologique constituent la quasi-totalité des aides ayant un impact avéré sur la réduction des pesticides, elles doivent rester incitatrices et rémunératrices.

La biodiversité doit enfin entrer dans les radars des politiques publiques et ne pas rester à la marge ou uniquement entre les murs du seul Ministère de la transition écologique.

 

Rapport

Réduction des pesticides en France : pourquoi un tel échec ?

téléchargez notre rapport (format pdf - 3 Mo)

Rapport

Comment protéger nos agriculteurs et l’environnement ?

téléchargez notre rapport (format pdf - 3 Mo)

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