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COP22: quel chemin pour protéger la nature?

Publié le 14 novembre 2016 , mis à jour le 19 novembre 2020

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L’objectif de l’Accord de Paris, signé à la COP21 fin 2015, est de limiter la hausse des températures bien en dessous de 2°C. Pour préserver la biodiversité, il est essentiel de tenir les engagements pris lors de la COP21 et même de les revoir à la hausse. En effet, le dérèglement climatique est à l’origine de la destruction de milliers d’écosystèmes (terrestres et marins) qui sont pourtant fondamentaux pour l’équilibre de notre planète et qui nous rende de nombreux services écologiques. Sans ces milieux, la lutte contre le réchauffement climatique est une bataille perdue d’avance. Protéger la Nature, c’est nous donner une chance d’atteindre les objectifs de la COP21 et de réparer ce que l’homme a détérioré. A l’occasion de la COP22, la Fondation Nicolas Hulot vous fait part de ses impressions, de ses rencontres et de ses analyses sur les avancées (ou les reculs) des mécanismes mis en place pour protéger la nature.

Mardi 15 novembre: Va-t-on réussir à éteindre l’incendie qui menace les océans ?

par Samuel Leré, chargé de projets Climat-Energie

Je me souviens, il y a un peu moins d’un an, lors de la COP21, nous avons vécu un moment historique. Après deux semaines de négociations, un accord universel a été conclu et a introduit pour la première fois une référence à la nécessité de protéger les océans. Certes, le constat n’était pourtant pas nouveau, dès 2008 on comptait déjà 250 zones maritimes mortes (c'est à dire des zones maritimes contenant pas ou peu d'oxygène et donc sans aucune vie) mais la prise de conscience internationale a finalement aboutie. Comme d'autres, j'attendais beaucoup attendu de cette reconnaissance, une demande de longue date de la société civile. Les océans abritent un réservoir de biodiversité exceptionnelle et représentent l’un de nos meilleurs alliés pour lutter contre le dérèglement climatique. Sans eux, la hausse des températures serait bien supérieure alors qu’elle atteint déjà 1°C aujourd’hui. En effet, ils produisent plus de 50% de l’oxygène que nous respirons et absorbent environ 30% du CO2 que nous émettons.

acidification des océans

Mais que s'est-il passé depuis décembre 2015? Au niveau international une initiative a été lancée et un rapport spécifique du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) a été annoncé, mais dans les faits, le constat reste le même...l’acidification des océans se poursuit... Depuis le début de l'ère insdustrielle l’acidification a augmenté de 30% entrainant des conséquences irréversibles notamment sur les coraux qui pourraient disparaitre d’ici la fin du siècle. Si l’Accord de Paris a inscrit la volonté de protéger les océans, il faut accélérer la cadence sous peine de perdre non seulement la guerre pour protéger la biodiversité mais avec elle, celle contre le réchauffement climatique. Vous l'aurez compris, la survie des océans et l'avenir du climat sont liés. L'affranchissement des énergies fossiles est la seule solution pour relever ce double défi. Des décisions fortes doivent être rapidement prises, à commencer par un moratoire sur les forages off-shore.

C’est d’ailleurs en ce sens que la Fondation Nicolas Hulot ainsi que 16 autres organisations avaient lancé le 10 septembre dernier l’appel de Darwin en demandant la mise en place d'une sortie de l’exploration et de l’exploitation des énergies fossiles pour le prochain mandat peu importe la couleur politique de celui-ci.

 

Pour finir, comme le dit l’adage « On protège mieux ce que l’on connaît », c’est pourquoi la Fondation Nicolas Hulot soutient depuis plus de 10 ans de programmes de sciences participatives qui impliquent des citoyens à suivre l’état de santé de la biodiversité. Tel est le cas du projet Reef Check, soutenu à La Réunion avec la Fondation AKUO, qui implique des milliers de bénévoles à travers le monde pour suivre les récifs coralliens, véritables poumons des océans et fondamentaux dans l’adaptation aux changements climatiques. Nous avions également mis en lumière dans « My Positive Impact » l’ONG Coral Guardian qui fait de la gestion participatives des récifs coralliens en Indonésie avec les communautés autochtones.

protéger les océans

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