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Ils sauvent des centaines d'animaux sauvages blessés

Publié le 02 juin 2021 , mis à jour le 02 juillet 2021

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Ils ne décollent pas que des fusées à Kourou ! C’est dans cette ville que deux jeunes trentenaires Thomas Groues, vétérinaire salarié dans une clinique privée et sa compagne Amandine Saïd, professeure, consacrent leur énergie et leur temps libre, à secourir des animaux sauvages blessés pour les soigner et les relâcher dans leur milieu. Zoom sur le quotidien passionnant de ce centre, soutenu par la FNH grâce aux primes J’agis pour la nature.

Junglevet : première association de soins de la faune sauvage guyanaise en nombre de pensionnaires accueillis

Créée en février 2019, Junglevet est la plus récente association œuvrant en Guyane. C’est aussi la seule à être portée par un vétérinaire en mesure de prendre soin de toutes les espèces sauvages du pays, même les tortues marines ! Le contexte est en effet particulier puisqu’ils se trouvent dans la plus grande réserve de biodiversité terrestre française. Couverte à 90% par la forêt et bénéficiant d’un très dense réseau hydrographique, la Guyane est un puits de biodiversité animale avec une concentration hors-normes d’espèces différentes.

Et les menaces qui pèsent sur ces espèces sauvages sont malheureusement nombreuses : perte d’habitat, pression anthropique, accidents ou encore trafic illégal. Leur caractère exotique leur confère une valeur marchande (jusqu’à 1 500€ pour un perroquet…), devenant ainsi une source de convoitise et de trafic illégal.

De fait, les animaux qui passent entre les mains expertes de Thomas sont tout à fait exotiques pour bon nombre de Français de métropole. Il suffit de faire un tour sur la page Facebook de Junglevet pour s’en rendre compte : il y est question de coendou, d’un porc-épic semi arboricole, d’urubu, d’une espèce de vautour, de conure cuivrée entre perruche et perroquet, tandis que d’autres, plus facilement repérables dans des manuels de sciences naturelles réactivent des souvenirs scolaires : des images d’opossum, de paresseux, de tamanoir, de toucan et d’aigle harpie mais aussi de boa arc en ciel, de tortue, de tatou…

287
animaux ont été secourus par Junglevet depuis 2019 !
© Junglevet

« Ne laisser aucun animal au bord de la route »… au propre comme au figuré

Junglevet est l’instigatrice du Réseau de centres de soin de Guyane (RSCG), qui regroupe deux autres centres en activité : ONCA et CROA. Tous trois fortement engagés dans la sauvegarde et la préservation de la biodiversité de la Guyane, ils coopèrent et mutualisent leurs compétences pour intervenir à tous les stades et offrir aux animaux les meilleures chances de retrouver leur milieu naturel. Junglevet pratique des soins sur tout animal sauvage quelle que soit l’espèce, tandis que les deux autres instances, plus anciennes, sont surtout dédiées à la réhabilitation, notamment celle des animaux saisis, victimes du trafic illégal et à leur réinsertion dans le milieu naturel.

Junglevet peut se féliciter d’avoir secouru depuis le début de son activité 287 animaux, toutes espèces confondues. Le taux de survie pour les mammifères est de 80%. Les chiffres sont un peu plus modestes pour les oiseaux : un peu plus de la moitié a pu être sauvée et remise en liberté, car même s'ils sont attrapables la plupart sont souvent déjà dans un état grave et difficile à soigner. Mais selon Thomas : « Cela n’est jamais un échec, puisque quoiqu’il arrive, les animaux même trop grièvement blessés pour être sauvés font l’objet de toute notre attention. Jusqu’au bout, nous les accompagnons avec la prise en charge de leurs souffrances. »

© Junglevet

De nouvelles installations pour soigner davantage d’animaux

Toujours en construction, Junglevet utilise pour l’heure les infrastructures de la clinique où travaille Thomas pour dispenser les soins lourds aux animaux qu’ils recueillent, clinique gracieusement mise à disposition par un vétérinaire passionné, le docteur Darrigade. Soutenu par un généreux mécène, l’association dispose de plusieurs hectares mises à disposition pour le développement de ses projets. Grâce à l’assistance d’une poignée de bénévoles, de quelques dons, des aides des collectivités qui les soutiennent1, ils ont un taux de réussite très encourageant au regard des moyens engagés, et de la situation sanitaire.

Mais l’ambition de Thomas et d’Amandine ne s’arrête pas là ! Pour pouvoir sauver davantage d’animaux ils se sont lancés dans deux projets :

  • La construction d’une première volière de réhabilitation pour permettre à certaines espèces d'oiseaux secourus et soignés de se rétablir avant d’être relâchés dans leur milieu. Cet espace entièrement clos, fermé par un filet ne convient pas à tous les animaux, seul le grillage galvanisé peut résister aux becs coupants, griffes acérées et crocs carnassiers. Un détail matériel qui a son importance en Guyane car ce grillage, nécessaire à la construction d’autres volières, est introuvable à prix raisonnable et doit être acheminé depuis la métropole ! Il en va de la sécurité des pensionnaires en convalescence comme les perroquets, toucans et mammifères qui risqueraient de retrouver l’air libre avant d’être totalement rétablis.

En 2019, avec les primes J’agis pour la nature, la Fondation Nicolas Hulot a donné un coup de pouce à Junglevet pour construire cette première volière de réhabilitation.

  • De nouveaux locaux avec une clinique de soins pour recueillir et secourir toujours plus d’animaux en détresse, mais aussi créer un refuge pour tous les animaux qui, malgré les soins, resteront inaptes à un retour à la vie sauvage. Un lieu particulièrement adapté pour mener des actions de sensibilisation auprès du grand public et propice au développement de sessions pédagogiques portant sur l’impact de nos gestes, ceux qui peuvent contribuer à conserver et à préserver la faune et la flore.
Vous aussi, participez à la sauvegarde de la faune sauvage

Envie de donner votre temps à une structure qui, comme Junglevet, protège la faune sauvage ? Découvrez nos missions de bénévolat nature sur le site J'agis pour la nature !

Crédit photos : Junglevet

Sources

  1. Dont la collectivité territoriale de Guyane, la communauté de commune des savanes et la Direction Générale des Territoires et de la Mer de la Guyane.

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