Projets soutenus

La ferme Niel veut planter une forêt fruitière au cœur de Bordeaux

Publié le 11 août 2021 , mis à jour le 15 septembre 2021

Restez informés

Chaque mois, nous vous donnons les clés pour comprendre le monde qui nous entoure et agir, chacun à son niveau

C’est en Nouvelle Aquitaine, à Bordeaux, que depuis 2013, la ferme urbaine Niel pratique la permaculture dans un coin de nature ouvert à tous en bordure de la Garonne. Avec l’objectif de sensibiliser les citadins aux enjeux de l’agriculture d’aujourd’hui et de les associer à la plantation d’arbres dans les espaces publics pour produire localement des fruits consommables pour tous, son nouveau projet baptisé : forêt fruitière, méritait bien notre soutien. 

Une forêt fruitière en ville, une réponse fertile au défi de la transition écologique

La ferme Niel : Une dynamique collaborative, d’expérimentation et de partage

Avec pour décor une ancienne caserne militaire abandonnée reconvertie en lieu alternatif, accueillant tout un écosystème d’initiatives et d’activités à vocation environnementale et solidaire, la ferme Niel a, en 8 ans, transformé 2500m2 de friches en un espace dédié à l’expérimentation de l’agriculture urbaine. Ses activités s’organisent autour d’un potager de 400m2, d’une serre en dôme de 50m2, d’un poulailler de 300m2, d’un parc à oies de 300m2, d’une réserve d’eaux pluviales de 15m3 et d’un verger de 1500m2.

La culture de jardin

L’équipe, qui compte une dizaine de personnes régulières travaillant en rotation pour cultiver semences, plants et légumes, contribue non seulement à développer une alimentation de proximité mais aussi, et surtout, à partager son savoir-faire des pratiques agricoles, puisque la ferme se veut avant tout être un modèle d’agriculture urbaine à destination des citadins pour réconcilier la ville et la nature. C’est ainsi qu’en saison, des ateliers accueillent toutes les bonnes volontés pour faire les semis, durant lesquels les participants apprennent à bouturer, repiquer, éclaircir et entretenir les plantations. Pour exemple, sur une moyenne de 3000 plants de tomates, aubergines et poivrons produits par an, 500 sont plantés sur place et le reste distribué aux adhérents et sympathisants.

Une nouvelle pépinière d’arbres fruitiers à l’horizon novembre 2021

Historiquement concentrée sur la production de plants de légumes qui s’étalent au printemps et en été, la ferme Niel porte ce nouveau projet de forêt fruitière pour, entre autres, pallier le manque d’activités hivernales pour la communauté d’adhérents mais aussi avec le souhait de recruter de nouveaux bénévoles afin de représenter tous les publics : scolaires, étudiants, actifs mais aussi retraités, personnes en reconversion, exilés. Au programme, le recrutement d’un formateur qui, lors d’ateliers dédiés, enseignera la méthode traditionnelle du greffage qui, sans intrants chimiques ni engrais, permet de sélectionner les variétés comestibles des plants fruitiers cultivés. Une fois greffés et après une année de culture en jauge, les arbres seront transférés en pleine terre, sur place, dans le verger, mais aussi, comme le souhaite l’équipe de la ferme Niel, distribués à différentes associations pour varier les lieux d’implantation. Le but étant de verdir davantage d’espaces urbains hors des « murs » de la ferme pour rendre la ville plus productive et fertile. Cela signifie aussi de mettre en place des partenariats avec des collectivités, des écoles, des jardins de quartiers ou associatifs pour planter les arbres et prendre soin d’eux (entretien du sol, arrosage, taille) tout au long de l’année avant d’en récolter les fruits…

De l’importance de Transmettre les pratiques agricoles 

Des racines et des fruits…

Qui sait encore ce que signifie techniquement la greffe d’un arbre fruitier ? Preuve en est de l’urgence de pérenniser ces savoir-faire agricoles pour qu’ils restent la plus extraordinaire manifestation d’une nature vivante avec laquelle l’homme a appris à interagir en orientant la production des plantes et des fruits par le choix des espèces et des essences.  C’est ainsi, depuis les débuts de l’agriculture qu’il tire sa subsistance. Reste à perpétuer ces gestes qui prennent soin de la terre, respectent les écosystèmes et préservent la biodiversité.

C’est tout l’objet des ateliers pédagogiques qu’ambitionne de développer la ferme Niel pour ses adhérents et sympathisants.

Zoom sur la greffe

Oui, créer une pépinière d’arbres fruitiers concentre un certain nombre de gestes techniques. C’est justement avec cet objectif de reconnecter les citadins avec des pratiques agricoles ancestrales, comme la greffe d’un arbre fruitier, que la ferme ambitionne de recruter un formateur pour démystifier ce geste expert, voir chirurgical mais qui, à en croire Camille, l’un des fondateurs de la ferme Niel, n’en est pas moins, avec de l’entraînement, à la portée de tous. Il nous raconte d’ailleurs que la greffe était une pratique couramment accomplie par les chevriers et autres bergers durant les longues journées pendant lesquelles paissaient leurs bêtes. Ce sont d’ailleurs eux qui contribuaient à créer une diversité d’essences fruitières dans les haies qu’ils longeaient chaque année. Une anecdote qu’il est plaisant de rapporter tant elle fait sens. Elle fait écho à la générosité de la nature quand l’homme s’inspire de ses cycles de production pour les reproduire sans épuiser le milieu. C’est ainsi qu’avec un simple opinel le berger d’hier (et les pépiniéristes!) taillait un sifflet dans un porte-greffe (un jeune arbre déjà raciné) pour y insérer un rameau porteur des caractéristiques de la variété des fruits (le greffon). Tout l’art de la pratique consiste encore aujourd’hui à assembler tel un puzzle les caractéristiques induites par les variétés sélectionnées pour le greffon (qualité du fruit) et le porte greffe qui lui détermine la vigueur, l’adaptation au sol, au climat et le temps de production des fruits.

La nature contre le béton

Cette vision de la nature contre le béton, c’est bien celle que défend Camille Florent, l’un des architectes paysagistes de Bordeaux à l’initiative de la ferme Niel. Il confesse que faute de recueillir le soutien et l’adhésion des diverses collectivités approchées pour donner vie à leur projet initial, à savoir : remplacer dans l’espace public les tondeuses par des moutons, leur activité s’est déportée sur cet espace près des quais de la Garonne et ce projet plus globale d’agriculture urbaine. Le terrain appartenant à un aménageur, La ferme Niel trouve depuis 2013 auprès de Darwin, l’occupant historique des lieux, un partenaire bienveillant qui, à l’image des projets à haute valeur environnementale et humaine qu’il incube, développe et soutient, défend une vision d’une ville plus durable. Mais comme malheureusement trop souvent, les intérêts des uns et des autres divergent, et l’enjeu reste l’appât du gain, généralement synonyme de procédures…  souhaitons que la ferme Niel recueille les appuis et soutiens lui permettant de poursuivre ses activités.

L'article vous a été utile pour mieux comprendre cette actualité ?

Pour approfondir le sujet

Les cantines de St-Denis garanties Mon Restau Responsable® !
Jusqu’à 10 000€ pour financer son projet pour le climat et la solidarité !
Une journée de ramassage de déchets à Marseille