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La géo-ingénierie, ultime et fatale vanité par Nicolas Hulot et Floran Augagneur

Publié le 26 novembre 2015 , mis à jour le 19 novembre 2020

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Chaque vendredi, Les Echos consacrent un dossier aux enjeux de la conférence climat (COP 21) qui se tiendra à la fin de l’année à Paris. Dans celui du 16 octobre « A qui peut profiter le réchauffement ? », Nicolas Hulot et Floran Augagneur (conseiller scientifique de la FNH), s’emploient à dénoncer les apprentis sorciers du climat.

Texte de la tribune « Maîtriser le climat : une nouvelle chimère ! » - les Echos - 16/10/15

Osons affirmer que la géo-ingénierie serait l'ultime et fatale vanité de quelques-uns qui se prennent pour des dieux et non pour des hommes !

« Pulvériser du soufre dans l'atmosphère, modifier la chimie des océans ou déplacer l'orbite de la Terre pour l'éloigner du Soleil sont autant d'idées inquiétantes mais sérieusement envisagées par les tenants de la géo-ingénierie. Ceux qui croient possible la manipulation du climat pour le refroidir mettent en avant un argument redoutable : éviter les efforts indispensables pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Pourquoi ne pas extraire pétrole, charbon et gaz si nous sommes capables de contrôler l'effet de leur combustion sur le climat ?

Les nouveaux chantres de la géo-ingénierie sont principalement les think tanks américains, plutôt conservateurs, qui s'employaient jusque-là à discréditer les sciences du climat et la réalité du réchauffement. Ils ont fini par accepter le diagnostic scientifique dès lors qu'ils y ont vu un débouché idéologique pour la croissance économique et le progrès des technosciences. Des investisseurs semblent aussi y trouver un intérêt : Bill Gates, N. Murray Edwards ou encore Richard Branson parient sur ces technologies.
Promouvoir la géo-ingénierie permet de justifier l'inaction et le maintien de l'exploitation des énergies fossiles. Maintenir l'illusion de maîtriser le climat ne fait que dissimuler l'urgence d'une prise de décisions collectives pour basculer vers l'économie de demain et rétablir les écosystèmes qui captent le carbone (forêts, océans et zones humides).

Osons affirmer que la géo-ingénierie serait l'ultime et fatale vanité de quelques-uns qui se prennent pour des dieux et non pour des hommes ! »

Retrouvez cette tribune sur le site des Echos.

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