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L’automne, saison propice au grand ménage de la nature !

Publié le 27 août 2021 , mis à jour le 31 août 2021

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L’automne et la saison hivernale qui suit sont les périodes idéales pour donner un coup de pouce à la nature “en dormance” afin d’y favoriser le développement de la biodiversité. Débroussailler, nettoyer, restaurer sont autant d’actions indispensables à la préservation des milieux naturels. Retrouvez des actions de bénévolat à mener près de chez vous, sur J’agis pour la nature.

Si le printemps symbolise la renaissance de toute vie, l’automne n’en est pas moins une période cruciale pour permettre à la végétation de mieux repartir à la saison suivante. Concrètement, comment se rendre utile pour la nature ? Quels chantiers doivent être réalisés et comment y prendre part ?

La nature en a besoin !

Il est d’usage de penser que la nature n’a pas besoin de la main de l’être humain pour se remettre. Et c’est en grande majorité du temps vrai ! Seulement, parfois, quand l’écosystème a été dégradé ou tellement transformé par les activités humaines qu’il n’est plus à l’équilibre, celui-ci a besoin d’un coup de pouce : une petite aide pour limiter l’expansion de certaines plantes invasives, pour être allégé de déchets humains ou encore être débroussaillé pour permettre à de jeunes pousses de prendre leur place pour la prochaine saison.

Quels sont les chantiers d’automne propices à la nature ?

Le nettoyage de sites naturels

Objectif : aider des jeunes pousses de végétaux locaux qui ont un intérêt particulier pour l’écosystème en place, en enlevant des plantes trop compétitives qui nuisent à leur développement. Par exemple, vous pouvez arracher les jeunes plants de sapin qui envahissent certaines zones, pour permettre aux orchidées sauvages de pousser. Ou encore, avec l’aide des ânes, nettoyer un site en Normandie.

Parce que nature et culture sont liées dans le paysage français, vous pourrez également nettoyer d’anciens lavoirs et mares ou encore participer à la conservation de pelouses vertes qui avaient été formées par des décennies de pâturages.

Bonne nouvelle : Les orchidées repoussent sur les prairies calcaires !

Les bénévoles déboiseurs de l’association Les Blongios (dans le Nord) défrichent chaque hiver les coteaux calcaires du Boulonnais, dans le Parc Naturel des Caps et Marais d’Opale. En arrachant les aubépines, ils permettent à la pelouse calcaire, qui a reculé avec la diminution du pastoralisme, de regagner du terrain.

Résultat : certaines espèces de papillons (damier de la Succise) ou oiseaux (bruants jaunes...) sont de retour. En 2020, deux orchidées qui avaient disparu des côteaux – l’orchis de Fuchs et l’orchis mâle – repoussent sur les pelouses calcaires.

Le creusement des mares

Le saviez-vous ? A l’échelle mondiale, 64% de leur surface a disparu depuis 1900 et la France n’est malheureusement pas en reste. La dernière étude nationale sur les sites humides emblématiques couvrant la période 2010-2020 atteste d’une dégradation portant sur 41% des sites évalués en métropole et outre-mer (IPBES, 2019).

En automne, c’est également la bonne période pour creuser des mares, qui seront autant d’abris, de lieux de nourrissage ou de reproduction pour toute une faune locale. C’est ce que propose le CEN Val-de-Loire !

Creusement de mare avec l'association Les Blongios © Les Blongios
Bonne nouvelle : Les zones humides au secours des éleveurs

Dans la Creuse, les habitants se mobilisent avec le Conservatoire d’espaces naturels de Nouvelle-Aquitaine, pour sauvegarder leurs zones humides. A l’automne, ils jouent ainsi du sécateur pour enlever les ligneux qui les colonisent. Ces zones humides restaurées permettent aux éleveurs locaux de faire pâturer leurs animaux l’été, alors que le fourrage vient de plus en plus souvent à manquer à cause de la sécheresse. La sauvegarde de ces écosystèmes est cruciale à double titre : pour la biodiversité d’abord (elles abritent 30% des espèces protégées ou menacées au niveau national), mais également pour le bon fonctionnement des écosystèmes et à la préservation des réserves en eau.

Les plantations

Le saviez-vous ? 1 km de haie planté permet le stockage par an d’une tonne de CO2 !
Pourtant, depuis 1950, 70% des haies des bocages français ont disparu, et cette érosion continue de se poursuivre au rythme de 11 500 km par an [1]. Pourtant, les arbres jouent de nombreux rôles pour les écosystèmes. Cela tombe bien, les périodes automnales et hivernales (hors périodes de gel) sont idéales pour planter ! Pour les haies champêtres déjà présentes, c’est également la bonne saison pour les entretenir comme le propose le CEN Alsace.

Les actions de ramassage

Les actions citées ci-dessus sont souvent complétées par des actions de ramassage de déchets afin de dépolluer les sites et protéger la petite faune qui pourrait se retrouver prisonnière dans des canettes ou autres contenants par exemple.

Du 22 septembre au 20 décembre, de nombreux chantiers sont proposés par les Conservatoires d’espaces naturels !

Chaque année, depuis 20 ans, les Conservatoires d'espaces naturels (CEN) mettent en place en France hexagonale et ultramarine de nombreux chantiers d’entretien des milieux naturels pour lesquels ils recrutent des bénévoles : particuliers, associations d'insertion, entreprises, lycées agricoles...

Derrière chaque action : un geste citoyen et un savoir-faire à acquérir ! Plus d’une centaine de chantiers sont en ligne sur notre plateforme jagispourlanature.org :

Deux autres bonnes raisons de participer à un chantier d’automne :

Renouer le lien avec les pratiques ancestrales

La pédagogie est au cœur de ces chantiers. En plus de faire collectivement une belle action pour la nature, vous apprendrez ou réapprendrez les bons gestes à faire pour la préserver sur le long terme et vous renouerez avec des pratiques autrefois naturelles et bénéfiques (ramassage du bois, taille de haies, nettoyage des fossés).

La solidarité, une part importante de ces chantiers

Ces actions permettent aussi la réalisation de chantiers d’insertion, de formations d’étudiants aux métiers liés à la gestion de la nature ou de chantiers organisés en partenariat avec des entreprises de travaux.

Ainsi, depuis 2000 en Lorraine, une dizaine de patients du Centre d’Accueil Thérapeutique Van Gogh de Thionville s’occupe de la réserve naturelle de Montenach. Autre exemple : sur l'Île de La Réunion, le GCEIP (Groupement pour la conservation de l’environnement et l’insertion professionnelle) œuvre depuis 20 ans pour le retour à l’équilibre entre activités humaines et préservation du patrimoine écologique avec le dispositif Emploi Vert, qui favorise la création de contrats aidés sur les sites naturels.

Sources

1- Communiqué de l’Afac-Agroforesteries du 29/10/2020

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