Biodiversité

Comment participer au sauvetage du Busard cendré

L'association, Meuse Nature Environnement, membre de notre plateforme "J'agis pour la nature" dont l'objectif est de rapprocher les personnes souhaitant s’engager pour la biodiversité avec des associations qui ont besoin de bras, a réussi à sauvegarder des 15 bébés busards cet été. Cette action de sauvegarde a été possible par l'implication des bénévoles recrutés par le biais de notre plateforme.

Jeunes busards cendrés - ©Meuse Nature Environnement

La saison à risque pour les busards cendrés

Le temps des moissons est en effet une période à haut risque pour la survie des couvées de busards cendrés, cette espèce de rapaces migrateurs venus d’Afrique ayant la particularité de nicher à même le sol, cachés dans les hautes tiges des cultures céréalières. Sans l’intervention de Meuse Nature Environnement et la participation des bénévoles, les oisillons encore incapables de voler connaîtraient tous un funeste destin, broyés par les lames des moissonneuses-batteuses. C’est ainsi que de mai à fin août 2020, pendant la période de reproduction des busards, Meuse Nature Environnement a de nouveau pu agrandir ses rangs. Recrues enthousiastes de J’agis pour la nature :  Florent, Lisa, Elyas, Manon, Maxence et Sébastien, sont venus rejoindre Nastazja, Ludovic et Loan pour les aider…

©Meuse Nature Environnement

Comment se passe la mission de nos « sauveurs de Busards » ?

Patience et persévérance... C’est ce que les bénévoles recrutés grâce à une annonce postée sur jagispourlanature.org, vont apprendre au contact de l’équipe de Meuse Nature Environnement. Des gens engagés qui, au sein de l’association qui existe depuis une cinquantaine d’années, s’attellent à transmettre leur passion au travers de leurs actions. Qu’elles concernent le sauvetage des bébés busards, la mission loups élevage ou la construction de crapauducs pour protéger les amphibiens… la pédagogie et la concertation avec les différents acteurs de terrain, éleveurs, bergers ou agriculteurs, reste au centre de leurs préoccupations.

Une mission de sauvetage qui s’échelonne de mai à fin août, sur 300 km2 de cultures.

Au mois de mai, sitôt déconfinés, nos volontaires sont à pied d’œuvre, apprenant à scruter le ciel, le cœur battant, dans l’attente que la silhouette du rapace tant espéré se découpe au loin dans le ciel. C’est par l’observation du vol des adultes que l’on parvient à débusquer les nids, notamment lorsqu’ils y reviennent après s’en être éloignés pour s’alimenter. Un repérage mobilisant tous les bénévoles de Meuse Nature Environnement sur un périmètre de 300 km2. A savoir que dans la Meuse, l’action conjointe des différentes associations permet de couvrir des territoires d’une surface d’environ 1 000 km2, autour desquels on situe Verdun et Bar-le-Duc. Aussitôt les nids localisés, les bénévoles s’entendent avec les céréaliers dont les champs sont concernés pour organiser la mise en place des structures de protection.

Les agriculteurs, des soutiens précieux pour un tout aussi précieux auxiliaire des cultures.

Les agriculteurs sont souvent désireux de contribuer à sauver les busards qui, ils le savent, sont de précieux auxiliaires de leurs cultures. Un mâle peut en effet chasser jusqu’à 50 rongeurs par jour pour ravitailler les bébés busards jusqu’à leur envol, ce qui représente une moyenne de 2 500 rongeurs pour un seul couple de busards en une saison estivale ! Avec une population s’établissant entre 4 000 et 5 000 couples en France sur les 35 à 50 000 couples que compte l’Europe, les effectifs de busards cendrés sont en régression. Alors, pour peu que l’on respecte leur travail, les agriculteurs accueillent avec bienveillance la mise en place de structures de protection dans leurs cultures bien qu’elles représentent une contrainte lors de la moisson, notamment quand plusieurs couples ont élu domicile dans un même champ !

La mission dure tout l’été, elle est fonction de la météo et s’échelonne tout au long de la période de remontée des busards. Trois mois durant lesquels se succèdent les moissons de l’orge d’hiver (escourgeon) en juin, du blé d’hiver et de printemps en juillet et, pour finir, de l’orge de printemps en août. Autant de champs à prospecter, de nids à débusquer, d’œufs à protéger et de petits busards à sauver des monstres d’acier.

©Meuse Nature Environnement

Sauver le busard c’est aussi adopter un comportement responsable

Lors des deux réunions annuelles et d’animations ponctuelles expliquant notamment comment faire la distinction entre les différentes espèces, les bénévoles de Meuse Nature Environnement sont formés pour limiter au strict minimum les intrusions physiques dans les cultures, s’astreignant à utiliser les sillons des tracteurs préexistants et imaginant divers stratagèmes pour accéder aux nids. D’autant que frayer un layon vers un nid va aussi le rendre plus accessible aux prédateurs.

Par ailleurs, il faut garder à l’esprit qu’il est toujours plus délicat d’intervenir au stade de la couvaison des œufs, un dérangement trop important pouvant provoquer l’abandon du nid. L’attachement de la femelle à ses oisillons après l’éclosion permet une plus grande sécurité d’action.

Différentes techniques pour localiser les œufs.

Pour localiser plus précisément un nid quand les œufs n’ont pas encore éclos, on peut utiliser la technique de la corde dans un périmètre bien délimité : tendue entre deux sillons, elle va, en affleurant le haut des épis, provoquer l’envol de la femelle et permettre d’en repérer l’endroit exact.

Après l’éclosion des œufs, le spectaculaire passage de proie entre les mâles et les femelles dans les airs reste le moyen le plus sûr de localiser le nid que la femelle rejoint aussitôt pour nourrir ses petits.

Le drone, parfois envisagé comme recours, ne fait pas l’unanimité car il annihile, en partie, l’esprit même de la mission, à savoir la motivation de bénévoles heureux de donner de leur temps pour participer au sauvetage des busards, ainsi que la relation humaine avec les intervenants, surtout celle des agriculteurs amenés à s’investir aux côtés des bénévoles. Pour l’association Meuse Nature Environnement, au-delà de la pertinence du recours à la technologie, la cohérence de la démarche appelle à une sobriété des moyens mis en œuvre pour préserver l’environnement. Dès lors, la fabrication des machines nécessitant l’usage de matières premières et de terres rares dont l’extraction est sujette à bien des dérives, pose question. Comme Sébastien Lartique, chargé de mission faune au sein de l’association aime à l’expliquer en s’appropriant la citation suivante au sujet des condors :

Ce qui compte vraiment, dans la sauvegarde des busards* et de leurs congénères, ce n’est pas tant que nous avons besoin des busards, c’est que nous avons besoin de développer les qualités humaines qui sont nécessaires pour les sauver ; car ce sont celles-là mêmes qu’il nous faut pour nous sauver nous-mêmes.

*Dans la citation originale : les condors

IAN MAC MILLAN

©Meuse Nature Environnement

Un rayon d’action qui a doublé depuis 2017, grâce à J’agis pour la nature

Grâce au nombre grandissant d’inscrits sur la plateforme de J’agis pour la nature, le rayon d’action de la mission de sauvetage des busards a doublé depuis 2017, passant de 150 à 300 km2, ce qui permet d’espérer que le périmètre accueillant les nids s’accroisse au fil des années puisque les busards tendent à revenir nidifier là où ils sont nés.

8 nids découverts et 15 petits busards sauvés à l’été 2020.

Durant cet été 2020, sur les 8 nids découverts, 15 petits busards ont eu la vie sauve grâce au travail des bénévoles et de Meuse Nature Environnement. Autant de rapaces susceptibles de revenir en 2021 en région Lorraine dans les champs qui les ont vu naître et grandir jusqu’à prendre leur envol… Une belle réussite venant récompenser l‘action conjointe des bénévoles de l’association et des agriculteurs.

©Meuse Nature Environnement

S.O.S, centres de soins en détresse

Les centres de sauvegarde de la faune sauvage sont des structures habilitées à accueillir les animaux sauvages en détresse, blessés, orphelins ou en danger de manière à les soigner en vue de les réinsérer dans la nature. Cette mission de sauvegarde est très importante, puisqu’il s’agit ici de notre patrimoine naturel commun à préserver. De plus, les animaux accueillis sont la pluparts du temps victimes de nos activités : chocs contre des baies vitrées, des voitures ou des câbles électriques ; le mazoutage lors de marées noires ; dénichés lors d'un jardinage ou par un chat ; les tirs …

©Letichodrome

Une attention de tous les jours 

Ces centres reçoivent durant toute l’année de nombreuses espèces blessées, qui doivent se nourrir et être suivis tous les jours (si, si, même les jours fériés et les weekend ! ). Ils ont donc toujours un besoin de bénévoles important : pour aider au nourrissage, mais également pour nettoyer et entretenir les enclos ou volières. Et aujourd’hui, ils ont encore plus besoin de vous ! L'hiver est la période parfaite pour entretenir les infrastructures d'accueil pour les animaux, en créer de nouvelles et être formé aux soins et nourrissages.

©Letichodrome

Ces centres ont besoin de vous !

Les centres de sauvegarde de la faune sauvage sont nombreux et répartis sur tout le territoire français, alors n’hésitez plus ! Participez à la préservation de la faune sauvage avec les centres présents sur J’agis pour la nature.

Letichodrome

En Corse, le tri n’est pas la solution

Engagé depuis 4 ans, ce groupe de jeunes s’est donné une mission : CorSeaCare. Chaque été, ils parcourent les côtes corses sur 1000 kilomètres pour démontrer l’ampleur et l’impact de la pollution plastique en Méditerranée et alerter sur l’importance de passer à un autre mode de gestion, et surtout de prévention, des déchets sur l’île. L’association a été soutenue financièrement par le dispositif de primes J’agis pour la nature, de la Fondation Nicolas Hulot.

Les centres d’enfouissement sont saturés. La Corse fait face à une crise des déchets depuis des années, sans débouché durable, qui fait crouler l’île sous des centaines de milliers de tonnes d’ordures dont la collectivité ne sait plus que faire. Alors que la production de déchets résiduels est bien supérieure aux capacités de stockage, les remèdes trouvés ne sont que des rustines et les décideurs et décideuses basent leurs politiques publiques sur le tri, quand tout indique que la seule solution pérenne résiderait dans le fait couper le robinet des déchets à la source.

Face à ce constat déjà inquiétant il y a 4 ans, un groupe d’étudiant·e·s d’une vingtaine d’années a décidé d’agir en créant Mare Vivu, une association basée à Pino, au sud de la Corse. Grâce à leur mission CorSeaCare, axée sur la question des déchets et renouvelée chaque année, les jeunes ambitionnent de créer un pôle d’excellence en sciences participatives et environnementales en Corse, et faire rayonner ce savoir-faire outre-mer à travers des projets internationaux. « Nous sommes devenus aujourd’hui une plateforme d’expérimentation d’idées où nous accueillons des étudiant·e·s de tout bord », explique Pierre-Ange Giudicelli, doyen à 28 ans de l’association.

La mise en place de cette mission a été méthodique et s’est faite dès le début en lien avec des instituts scientifiques, d’une part pour comprendre au mieux l’impact des déchets sur les milieux marins, et d’autre part pour aider ces mêmes centres à améliorer leurs connaissances grâce à des collectes de données sur différents lieux de prélèvement.

 

Crédit photo : MareVivu

Car l’enjeu est maintenant de se défaire de ce discours ambiant qui consiste à dire que la solution au déchet est le recyclage. La vraie solution est de ne pas produire de déchets, tout simplement. C’est ce que cherche à démontrer très concrètement l’association. « Au départ, nous récoltions des déchets, les triions et les envoyions en déchetterie pour qu’ils soient revalorisés », continue le membre de l’association « Mais notre travail avec les instituts scientifiques et les ONG nous a appris que ce plastique, abimé par la mer, les rayons UV et le sable, était quasiment impossible à recycler. » Il était alors important de déterminer l’ampleur du problème.

« Notre but est de nous baser sur des chiffres, qui sont jusqu’ici inconnus. Nous voulons savoir très précisément, via les déchets collectés sur les plages, quel est le taux de recyclabilité de ces déchets », souligne Pierre-Ange. « Si ce taux est bas, c’est une preuve de plus que le tri n’est pas la solution et qu’il est nécessaire de s’orienter vers des politiques de réduction des déchets à la source. »

Par ailleurs, l’association s’emploie à faire de la pédagogie auprès de tous les publics, via des conférences, des activités sportives et pédagogiques, des escape-game ou des projections-débats. Notamment, une activité pour les enfants est particulièrement intéressante pour appréhender de manière ludique le sujet. « Une partie des plastiques est désinfectée après nos collecte, et nous organisons des ateliers avec les enfants sur la plage à partir de ces déchets, pour créer par exemple des œuvres d’art », raconte Pierre-Ange. « Et cette année, nous expérimentons même une technique pour revaloriser le plastique sur place. Il s’agit d’un projet de machines low-tech qui nous permettront de recycler les plastiques collectés en mer et sur le littoral, pour participer à trouver une solution à la crise des déchets sauvages. » En parallèle, un autre projet est en cours pour réaliser des missions de collectes de données au large grâce à un voilier : le projet Nacomed. Ainsi, en développant toujours de nouveaux projets et en laissant une large place à l’innovation, l’association s’affiche bientôt comme un acteur incontournable en Corse sur le sujet.

Mission CorSeaCare 2020

3min25

Bravo à cette association soutenue par la Fondation Nicolas Hulot dans le cadre des primes "J'agis pour la nature" !

Crédit photo : MareVivu

(Re)végétaliser Paris avec Pépins production, ça vous dit ?

Peut-être faites vous partie des 84% de Français estimant qu'il faut créer davantage de jardins et de parcs en milieu urbain? Peut-être même souffrez-vous du manque d’accès à la nature en ville ? Pour pallier à cela, de plus en plus d’associations voient le jour pour rapprocher la nature des citadins en créant de nouveaux espaces végétalisés sur des espaces bâtis. Le parfait exemple : l’association Pépins production à Paris, auprès de laquelle vous pouvez vous investir pour apprendre à jardiner et contribuer à végétaliser la capitale.

Pépins production, qu’est-ce que c’est ?

Créée il y a maintenant 5 ans, Pépins production est une association soutenue par le programme J’agis pour la nature de la Fondation Nicolas Hulot qui se donne pour mission de permettre à chaque citoyen.ne, quel que soit son âge, son origine ou son parcours social, de vivre dans un environnement sain et un climat social stimulant, au contact du végétal. Grâce à l’appel à projet Parisculteurs, l’association a pu obtenir deux terrains : Flore Urbaine, dans le 19e, et la Pépinière Chanzy, dans le 11e arrondissement de Paris.

Ces derniers leur permettent de planter une grande variété de plantes en plein Paris et de proposer ainsi aux habitants des végétaux en circuit court. En effet, il est possible d’acheter des plants via la boutique en ligne ou directement sur place.

Bien plus que de simples vendeurs de plantes

Ce n’est pas simplement en achetant des plantes qu’un citadin se reconnectera avec la nature en ville. Bien consciente de cela, l’association Pépins production souhaite impliquer ces derniers via des ateliers de plantations :

Le but c’est que les citadins puissent avoir des plantes à côté de chez eux. Ainsi, hormis la vente des plantes, ce sont surtout les ateliers qui font que les gens ont un petit bout de jardin le temps d’un moment. Cela leur permet d’apprendre des gestes à reproduire chez soi s’ils le peuvent, mais en tout cas de venir passer un bon moment dans un jardin. 

Marie,

en service civique chez Pépins production

Que cela soit pour venir planter des semis ou encore désherber, “on fait énormément appel aux bénévoles” nous dit Marie. Certains viennent même les aider pour les ventes ou encore pour le festival Vivaces !, qui se déroulera en Octobre 2020 à Paris. Quoiqu’il en soit, “c’est bénéfique pour tout le monde, eux aiment bien venir et nous, cela nous aide beaucoup” ajoute la jeune femme.

Des impacts positifs sur la ville et ses habitants

Les impacts d’une telle initiative sont nombreux. Pour la biodiversité d’abord : mammifères, flore, insectes et oiseaux retrouvent leur place en ville. Puis pour les habitants ensuite, qui sont toujours très heureux de découvrir que des espaces végétalisés éclosent dans leur quartier :

Dans le 18e arrondissement, quartier très bétonné, les habitants essayent de plus en plus de faire des projets de végétalisation. Souvent il y a des freins au niveau des normes et des permis de végétaliser, mais cela se fait de plus en plus, d’autant que c’est très demandé par les habitants, surtout depuis le confinement. ” Indique Marie.

L’équipe de Pépins Production accompagne en effet le 18e arrondissement dans le cadre du projet Végétalisons notre 18e : elle conseille les habitants, réalise des plantations avec eux et fournit un travail d’entretien.

Et si vous vous lanciez dans l’aventure de la pépinière ?

Si l’on peut penser que, sur un plan pratique, planter en ville s’avère compliqué, Marie nous rassure :

S’approvisionner en terre cela peut être un peu compliqué, mais à part cela, il n’y a pas vraiment de différences avec la campagne. En ville on peut quand même trouver énormément d’insectes et beaucoup d’oiseaux, nécessaires à l’épanouissement de la biodiversité.

Pépins Production propose des formations sur 4 jours pour accompagner ceux qui souhaitent ouvrir des pépinières. Dans celles-ci on apprend comment gérer une pépinière de A à Z, du terrain à l’administratif.

Si vous vous sentez l’âme d’un pépiniériste ponctuel, retrouvez leurs activités sur J’agis pour la nature.

Consulter les missions de bénévolat sur J'agis sur la nature


En attendant, on vous laisse sur les conseils de Marie pour apporter votre pierre à l’édifice de la végétalisation en ville :

Si vous n’avez aucune connaissance, se rapprocher d’associations comme la nôtre vous permet d’avoir des conseils sur le choix des plantes et les démarches, notamment sur le permis de végétaliser. Et pour avoir des plantes chez soi, vous pouvez vous en procurer chez Pépins Production par exemple, car nous savons qu’elles résistent au climat parisien, nous savons d’où elles viennent, et nous savons qu’elles ont poussé dans de bonnes conditions.

Pour approfondir le sujet

Veiller sur son jardin
Prendre soin de la terre
Adapter sa consommation