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Lucie Pélissier, consultante migrations environnementales et mouvements sociaux

Publié le 03 novembre 2020 , mis à jour le 20 avril 2021

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Âgée de seulement 25 ans, Lucie Pélissier est coprésidente de l’organisation de jeunes engagés pour le climat, CliMates, et consultante sur les migrations environnementales pour le réseau Des Ponts Pas des Murs, un réseau d’associations engagées sur les migrations internationales.

Cet intérêt pour les inégalités sociales s’était manifesté très vite dans la vie de Lucie : après le lycée, l’étudiante a choisi de s’engager dans une double licence en droit et en géographie à Paris 1 puis a poursuivi avec un master en politique de l’environnement spécialité agriculture et migrations à Sciences Po. C’est d’ailleurs à Sciences Po qu’elle a rencontré des jeunes engagés dans CliMates et les personnes qui allaient devenir son équipe pour un documentaire.

« Je me suis très tôt sentie concernée par les inégalités, qu’elles soient envers les humains ou la nature. Je dirais que c’est en 2015 que j’ai commencé vraiment à m’engager sur ces sujets dans un double contexte de « crise des migrants » dont on parlait tout le temps dans les médias et de la préparation de la COP 21 dont on attendait un accord historique. Une amie m’avait parlé d’un squat de migrants dans le 19e arrondissement de Paris où près de 2 000 personnes habitaient. Je m’y suis rendue pour voir comment je pouvais aider et j’ai été bouleversée : les histoires, les parcours et les conditions misérables dans lesquels ils se retrouvaient aujourd’hui, tout m’a scandalisé. J’ai ressenti de plein fouet la violence de notre système envers les plus vulnérables. Je m’intéressais parallèlement aux problématiques liées au concept de « développement » et aux dégradations environnementales dans mes études, je me suis donc naturellement tournée vers la thématique des migrations environnementales. Selon moi, aujourd’hui, cette thématique réunit les deux plus grands défis du XXIe siècle, la lutte contre le changement climatique et la solidarité internationale. », nous confie la jeune femme.

C’est ainsi qu’en 2016, Lucie et son équipe montent le projet de documentaire sur les déplacés climatiques. Après en avoir réalisé un premier au Bangladesh en 2017, Lucie a eu envie de poursuivre au Sénégal durant son année de césure. Grâce au programme Génération Climat de la Fondation Nicolas Hulot, elle a pu obtenir des fonds pour réaliser ce projet et partir en tant que service civique pendant plusieurs mois au Sénégal. Cette opportunité lui a permis de réaliser un second documentaire mais aussi de construire un réseau et une communauté autour son action.

Aujourd’hui, sa mission de coprésidente de l’organisation de jeunes engagés pour le climat, CliMates, ainsi que son rôle de consultante sur les migrations environnementales pour le réseau Des Ponts Pas des Murs lui apportent énormément de choses : « J’oscille entre la création via les documentaires, la réflexion sur des sujets de fonds en lien avec les migrations environnementales et la mobilisation de jeunes engagés pour le climat via CliMates. J’ai un peu l’impression d’être un couteau suisse mais je sens beaucoup d’énergie autour de moi et cela accentue ma motivation. »

Sa plus grande satisfaction ?

Au début, quand je parlais de mes engagements, la lutte contre le changement climatique et la solidarité internationale, je sentais que c’était abstrait ou peu palpable pour beaucoup de personnes autour de moi. Aujourd’hui, j’ai l’impression de mieux réussir à susciter l’intérêt pour ces sujets, de fédérer des jeunes (et moins jeunes) autour de ces luttes, mais aussi d’avoir donné envie à d’autres de s’engager.

nous partage Lucie

Son meilleur conseil à un jeune qui souhaite s’engager dans la préservation de l’environnement ?

« Pour être honnête, ce n’est pas toujours facile de rester inspirante et encourageante envers celles et ceux qui souhaiteraient s’engager. Il y a eu beaucoup de moments où je me suis sentie seule devant l’ampleur de la tâche à pense que je pouvais tout résoudre toute seule. Il est toujours difficile de savoir par où commencer, mais en même temps il faut bien commencer par quelque chose. Du coup mon conseil : « Lancez-vous, croyez en ce que vous faites, continuez toujours à vous poser des questions et surtout ne pensez pas que vous êtes seul.e.s à vouloir lutter. Renseignez-vous, parlez-en autour de vous pour vous rapprocher d’autres personnes qui s’engagent déjà ! Pourquoi pas avec CliMates par exemple ? ».

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