Alimentation

Une micro-ferme en pleine ville

Doublement lauréat·e·s du programme Génération Climat en 2019 et 2020 – Paul, Inès et Valentin se lancent cette année avec leur association Les Jeunes Pousses dans l’élaboration d’une micro-ferme urbaine, après avoir réussi à créer la première champignonnière d’Avignon.

Redécouvrir les pratiques agricoles dans une ferme urbaine

Après que la Mairie d’Avignon a mis à leur disposition un terrain situé dans un des quartiers prioritaires de la ville, les lauréat·e·s ont établi une véritable ferme-urbaine : Le Tipi. Les Jeunes Pousses ont prévu l’aménagement de jardins potagers, avec différents systèmes de culture innovants et adaptés au contexte urbain, comme des jardins en bottes de paille, l’aquaponie, la culture de pleurotes ou d’herbes médicinales, etc. Mais ça n’est pas tout ! Les jeunes prévoient aussi l’ouverture d’une Fabrique, permettant d’accueillir des ateliers de découverte et d’apprentissage : il sera possible d’y fabriquer des bacs de culture, d’apprendre à faire des semis ou à reconnaître les herbes aromatiques et à les transformer.

L’ouverture d’une cantine, d’un bar, d’une scène de concert, d’un atelier de céramique, l’organisation de conférences et d’un marché viendront compléter le Tipi, pour en faire un lieu unique de partage et d’apprentissage.

© Les Jeunes Pousses

Le lieu deviendra ainsi un repère de la transition écologique où des innovations pourront émerger et sur lequel la ville pourra s’appuyer en faveur du climat

Paul

cofondateur de l’association

Un projet sur le long terme

Ce projet permet de remplir des objectifs transversaux, inspirés des valeurs de l’agriculture urbaine qui émergent et se consolident partout dans le monde : le retour de la biodiversité en ville, la cohésion sociale à travers le partage de savoirs et de savoir-faire et l’artisanat local, la sensibilisation à une alimentation plus saine et durable, ainsi que la lutte contre le dérèglement climatique et pour une meilleure résilience du territoire.

Une dynamique sociale au cœur de la stratégie

Pour remplir ces objectifs, la micro-ferme urbaine prévoit de travailler avec des producteurs locaux, à travers la mise en place lieu de « relais » entre producteurs et consommateurs.

Nous espérons ainsi susciter, chez les habitant·e·s, l’envie de participer à la vie de ce lieu qui provoquera, par l’agriculture, la céramique, l’alimentation ou au gré des rencontres, des changements de pratiques chez les Avignonnais·es

affirment Inès et Valentin

cofondatrice et trésorier des Jeunes Pousses.

L 'association Les Jeunes Pousses a l’intention d’accueillir dans son repère aussi bien le grand public (habitant·e·s et touristes), mais cible tout particulièrement les enfants des écoles locales grâce à des actions de sensibilisation, ainsi que les personnes défavorisées ou en réinsertion avec la mise en place d’ateliers solidaires. Elle prévoit enfin d’attirer les salarié·e·s d’entreprises ou de l’administration grâce à la mise en place d’ateliers collectifs.

Quelques chiffres éclairants :

- 5 partenaires privés et associatifs locaux se sont joints au projet
- L’inauguration de la ferme urbaine est attendue, sauf imprévus, le 25 juillet 2020 ! Les premières pierres de construction ont été posées fin avril, et les mises en culture ont débutées le 11 mai.

Pour en savoir plus, rendez-vous sur leur site officiel ou directement sur le site du Tipi !

Vous avez, vous aussi, entre 15 et 35 ans et une idée pour l’environnement en France ou à l’international ? Candidatez pour bénéficier d’un soutien financier !

6000 arbres replantés et 6 emplois créés au Togo, grâce à Marc-Aurèle 31 ans, lauréat du programme Génération Climat !

Né d’une mère française et d’un père bénino-togolais, Marc-Aurèle a depuis ses 19 ans parcouru de nombreux pays qui lui ont fait découvrir différents modes de vie et de liens possibles entre l’homme et la nature. Une rencontre causera le déclic : le peuple Kanak, en Nouvelle-Calédonie, qui vit quasi-totalement en autonomie-alimentaire. Inspiré, Marc-Aurèle sait alors qu’il souhaite vivre dans le respect de la nature et de l’homme et partager ses valeurs au plus grand nombre.

Quelques années plus tard, il crée le projet Zion Gaïa dans un pays qu’il a toujours porté dans son coeur : le Togo. Au programme : reboisement, agroforesterie, permaculture et un centre de vie écologique, avec pour objectif de redonner à la forêt sa place dans le paysage, développer l'autosuffisance alimentaire et inviter les gens à découvrir de nouvelles façon de vivre en harmonie avec les limites de notre planète. Zoom sur ce ce projet, lauréat 2019 du programme Génération Climat.

L’autonomie alimentaire, le respect de la nature et le partage de connaissances, au centre du projet

Avec l’aide de 5 ami(e)s, Marc-Aurèle a lancé le projet Zion Gaïa entre 2013 et 2015. Concrètement il est situé dans la région de Kpalimé, à 120 km de Lomé, la capitale. Le projet comprend trois volets :

- Le reboisement pour réhabiliter l’écosystème local en replantant des espèces d’arbres qui existaient dans la région, permettant ainsi le retour de la forêt tropicale. Objectif : reboiser 8 hectares de terrain pendant 6 ans à raison de 1500 arbres chaque année.

- Le développement d’une “forêt comestible” ou agroforêt, afin de produire des fruits sans pesticides de synthèse, avec le moins de travail possible, tout en respectant la nature et la santé, en s’inspirant des systèmes naturels forestiers. Objectif : faire pousser 8 hectares de forêt comestible en plantant chaque année 1500 arbres.

- La création d’un centre écologique qui a pour objectif de devenir un tiers-lieu de vie et où la priorité est de placer l’homme et l’environnement au centre de toutes les activités. Cet espace a l’ambition d’héberger les personnes qui souhaitent participer au projet et de mettre en place des ateliers pour partager ses connaissances aux villages alentours et principalement aux jeunes générations. Le but ultime est de développer des activités génératrices de revenus pour les communautés villageoises des alentours, en leur apprenant à transformer leurs produits agricoles (conserves, confitures, produits laitiers) ou en créant de l'artisanat (hamacs, instruments de musique).


Le projet est toujours en cours de développement. Depuis 2019, le programme Génération Climat, créé par la Fondation Nicolas Hulot et le Forim, a permis de mener à bien les activités prévues dans l’année (reboisement, permaculture, installation d’une centrale photovoltaïque pour le centre écologique, etc.) et de renforcer ses activités de sensibilisation, de transformation artisanale des produits et de développement de l'économie circulaire dans la région.

D’ici 2023, le but de l’association est de finir la construction du centre écologique, le reboisement de l’agroforêt, et de continuer à transmettre leurs connaissances autour des sujets qui leur tiennent à coeur : l’agro-écologie, le maraîchage bio, l’élevage, l’apiculture et bien sûr le respect de la nature.

A terme, la revente des produits de la ferme devrait permettre aux habitants d’obtenir des revenus plus importants. En somme, un projet très prometteur !

Le projet Zion Gaïa en 2019 :

- 4 000 arbres plantés sur 2,5 hectares


- 6 emplois créés


- 3 ruches installées et une première récolte de miel
 réalisée

- 2 000 arbres fruitiers plantés


- Une centaine de poules, 7 pintades, 5 canards et 9 chèvres dans la zone d’élevage


Vous aussi développez votre projet grâce à Génération Climat !

Vous avez entre 15 et 35 ans et êtes à l’initiative d’un projet de lutte contre le dérèglement climatique, en France ou à l'international ? Vous pouvez recevoir jusqu’à 10 000€ pour votre projet, n’attendez plus et soumettez-le jusqu’au 30/10/2020 sur le site de Génération Climat.

Je soumets mon projet à Génération Climat

Triticum : planter des arbres pour prendre soin de la biodiversité

Les fondateurs de l’association Triticum, genre végétal qui recouvre la famille du blé, se sont donnés pour objectif de redéfinir le mode de production alimentaire autour de la métropole de Rouen. Cette association dynamique regroupe des jeunes d’horizons différents : des enseignant·e·s, des musicien·ne·s, mais aussi des ingénieur·e·s.

Pour Mewen 25 ans, ingénieur en reconversion, « Triticum est un modèle prometteur pour améliorer la résilience de notre société. Nous voulons redonner de la vie et de la variété à des terres qui en ont été privées. » 4 grands objectifs ont été dressés : la protection et la culture des semences paysannes, la pratique d'une agriculture citoyenne par des chantiers participatifs, un soutien aux paysan·ne·s qui souhaitent cultiver des semences paysannes, organiser des plantations d'arbres et pratique de l'agroforesterie.

Encore une réussite pour Triticum

C’est pour répondre au défi climatique et de biodiversité qu’ils ont organisés le 29 février dernier une plantation d’une forêt-jardin et de haies dans la commune de Saint-Léger-du-Bourg-Denis. Durant cette journée, et malgré un temps pluvieux, une trentaine participant·e·s se sont mobilisé·e·s !

Grâce à eux, 300 arbres ont été plantés : Pommiers sauvages, poiriers, chênes, frênes, bourdaines, prunelliers… Le choix de ces arbres n’a pas été fait au hasard : alors que l’instinct premier pourrai conduire à planter des arbres fruitiers dans l’optique de pouvoir bénéficier de ses produits, Julien, l’un des fondateurs de l’association, explique qu’il est nécessaire de diversifier les plants. Une large palette d’essences est importante pour la santé des arbres eux-mêmes et pour faire revenir la plus large biodiversité possible, chaque essence abritant potentiellement des espèces animales différentes.

Des morceaux de grillages pour protéger certains arbres des animaux qui mangent les bourgeons et jeunes branches ont aussi été préparés en amont puis installés autour des nouveaux plants.

Le terrain est donc maintenant protégé par les haies, et prêt à accueillir de nouveaux écosystèmes !

En participant à la création de ce chantier, j'ai le sentiment de faire ma part. J'espère que ce projet donnera envie à des jeunes de lancer d'autres initiatives similaires 

explique Xavière, 25 ans, ingénieure

Lauréate d’une prime J’agis pour la nature, l’association a bénéficié d’une somme de 1 000 euros pour financer le déroulé de leur opération.

Pourquoi planter des arbres et des haies ?

Les arbres font partie de nos plus grands alliés pour lutter contre le dérèglement climatique. Les arbres améliorent la qualité de vie en milieu urbain par leur absorption des polluants atmosphériques, du bruit et des eaux de pluies, ils constituent des îlots de fraîcheur en réduisant la température ambiante et ils sont le refuge d’une importante biodiversité. Les zones rurales autant que les zones urbaines sont menacées par l’érosion des sols, et les arbres permettent de lutter contre ce phénomène.

Reboiser nos espaces naturels est donc urgent, notamment par l’intermédiaire de haies. Pourquoi les haies ? En plus de lutter contre l’érosion des sols, elles sont très utiles à la sauvegarde d’une faune variée en tant que réservoirs de nourriture, abris pour se protéger des prédateurs et lieux de reproduction. Il ne faut donc surtout pas négliger leur importance !

Pour en savoir plus sur leur association, n’hésitez pas à vous rendre sur leur site internet officiel !

Sources

Photos © Triticum

Pour approfondir le sujet

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