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Pédaler pour diffuser des films de village en village : ils l’ont fait !

Publié le 14 août 2020 , mis à jour le 24 novembre 2020

Génération climat

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A l’heure où le besoin de se reconnecter les uns aux autres n’a jamais été aussi fort, et à une période où la question de l’approvisionnement en énergie est primordiale, nous sommes allés à la rencontre de l’association Cinécyclo, soutenue par la Fondation Nicolas Hulot dans le cadre du programme Génération Climat. Le concept : des séances de cinéma intégralement alimentées avec de l'énergie propre générée grâce aux spectateurs... Comment ? En pédalant ! Retour sur cette belle rencontre.

Vendredi 17 Juillet 2020, le confinement est passé par là, mais n’a en rien entamé la motivation de l’équipe de Cinécyclo qui a décidé de maintenir son tour dans le Morvan tout en respectant les gestes sanitaires de vigueur. L’équipe de la Fondation est accueillie par le président de l’association, Philippe, ancien président d’une association cinématographique, tout sourire, aux yeux pétillants d’enthousiasme.


Quand la passion du vélo, du cinéma et du voyage se rencontrent

Sur le trajet vers le lieu de projection, Philippe explique que Cinécyclo est un projet qui a émergé en 2014 par son fondateur, Vincent, qui vivait à Québec et avait envie de rassembler ses 3 passions : le vélo, le cinéma et le voyage. Son objectif : amener le cinéma et l’électricité dans des endroits isolés. A force d’investigation, le Sénégal s’est présenté comme le lieu parfait : francophone, plutôt plat et où il y fait bon. Après un voyage préparatoire de 3 mois à Dakar, Vincent est revenu au Sénégal en 2016 pour réaliser le tout premier Cinécyclotour.

Bilan de cette première expérience : 3000 km parcourus, plus d’une centaine de projections devant plus de 10 000 spectateurs. Bref, une vraie réussite !

Cinecyclo Tour du Sénégal : les prémices

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La nécessité de lien social et culturel en France 

Une fois rentré en France, Vincent a pris conscience d’une réalité évidente : la tournée était tout aussi importante en France, dans des régions où les villages sont parfois isolés entre-eux, et isolés des lieux culturels. En fédérant une équipe de bénévoles autour de Dijon, l’association en France s’installait officiellement.


Une fois arrivés sur les lieux de la projection du soir, la commune de Saint-Léger-Vauban, nous rencontrons le reste de l’équipe. Lucille, ancienne présidente de l’association, accompagnée de 3 jeunes hommes bénévoles pour réaliser le cinécyclotour, nous explique le concept. Le principe de leur tour est simple : les cinécyclistes se déplacent de village en village à la rencontre de structures locales partenaires avec lesquelles ils organisent des séances de cinéma. Durant les projections, le public est invité à pédaler sur le vélo pour générer l’énergie nécessaire au matériel.


Lucille nous apprend qu’aujourd’hui, Cinécyclo, c’est avant tout un projet collectif. Ancré en Bourgogne mais au rayonnement national, ce projet est fort de sa vingtaine de bénévoles extrêmement actifs, qui apportent chacun leur touche. C’est le cas de Bernard qui a perfectionné les kits de vélos les rendant plus légers, plus faciles d’utilisation et avec une meilleure autonomie.


Nous souhaitons toucher un public large, de tout âge et tout horizon, davantage habitué à une culture télévisuelle et peu habitué aux actions de sensibilisation

explique Lucille, 32 ans.

Et que ça pédale !

Il est déjà plus de 21h sur la petite place animée du rire des enfants, des chiens qui se poursuivent et des adultes qui discutent autour d’un verre et il nous faut installer le dispositif. Alors que quelques heures plus tôt ce village semblait désert, on y trouvait maintenant une vie débordante et une ambiance festive. Nous suivons l’équipe de Cinécyclo dans le bois du parc naturel du Morvan en partenariat avec eux pour la soirée, un lieu magique pour une projection de films dédiée à la relation entre l’Homme et la nature.

Mise en place de l’écran entre deux arbres, branchement des stéréos, du projecteur aux vélos… l’installation est rodée, cela fait déjà plusieurs soirées que Lucille et ses 3 acolytes à la bonne humeur constante répètent le même scénario.

Vers 22h, plus d’une quarantaine de personnes est présente, de tous les villages alentours. Beaucoup de familles, dont les enfants trépignent d’impatience pour pédaler sur les 2 vélos disponibles qui serviront à la projection. Pendant une heure, les participants se relayeront avec plaisir pour projeter les différents films de la soirée : de la poésie des films de Vincent Munier à la découverte de courts métrages plus ou moins amusants, étonnants de la boîte de production canadienne Wapikoni.


S’il ne devait y avoir qu’un mot qui résumerait cette soirée selon une famille interviewée ce soir-là : convivial.


Vers minuit nous rangeons tout le matériel sous les étoiles du Morvan, les équipes vont se coucher, heureuses, déjà enthousiastes à l’idée de pédaler le lendemain vers d’autres lieux de projection.

Ce projet constitué d’une équipe de personnes extrêmement dynamiques, dont l’exigence est de rester à taille humaine nous a séduit comme il séduit depuis plusieurs saisons des milliers de spectateurs. 

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