Décryptage

Qualité de l’air : un défi sanitaire et social

Publié le 11 janvier 2017 , mis à jour le 01 septembre 2021

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Le constat est sans appel : la pollution de l’air est un fléau majeur de notre époque. Les seuils d’alerte sont régulièrement dépassés en particulier dans les zones les plus denses, dans les grandes villes européennes, affectant la santé de centaines de millions de personnes et en particulier des plus vulnérables, les enfants en premier lieu. Les sources de pollutions sur lesquelles nous pouvons agir sont connues : chauffage, trafic routier, épandages de pesticides…

L’enjeu sanitaire est reconnu par les institutions mondiales (OMS notamment) européenne, et pour les populations, la qualité de l’air est devenue un sujet de préoccupation majeur.  Pourtant, l’action est encore bien en deçà de ce qu’il faudrait pour préserver la santé de tous les citoyens. Pour la Fondation Nicolas Hulot, la qualité de l’air est donc un des enjeux prioritaires de la transition écologique.

Le bilan est lourd :  
  • 92% de la population mondiale vit dans des endroits où les normes de l’OMS sur la qualité de l’air se sont pas respectées.
  • La santé cardiovasculaire et respiratoire de la population est inversement proportionnelle au niveau de la pollution atmosphérique.
  • 1 mort sur 8 est causé par la pollution de l’air en Europe (Agence européenne de l’environnement, 2020). 
  • 48 000 morts par an en France liés à la pollution aux particules fines (Santé publique France-2016)
  • Les effets de la pollution de l’air sur la santé humaine ont été reconnues comme un facteur d’aggravation de l’épidémie du covid-19. 

Les sources de pollutions sur lesquelles nous pouvons agir sont connues. Pour autant, les réponses à ce défi ne font pas l’unanimité parce que justement elles touchent aux modes de vie et à l’organisation des sociétés, y compris aux rapports sociaux. Autant de raisons qui, pour la Fondation pour la Nature et l'Homme, font de la qualité de l’air un des enjeux prioritaires de la transition écologique.

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Le simple fait de « respirer de l'air pur est considéré comme une condition essentielle de la santé et du bien-être de l'homme ».

Organisation Mondiale de la Santé (OMS)

La qualité de l’air : résultat d’un équilibre

Les polluants atmosphériques peuvent être d’origine naturelle (émis par la végétation, les océans, les volcans, vents de sable) ou produits par les activités humaines : trafic routier, chauffage, agriculture intensive (avec intrants), activités industrielles. Les principaux gaz sources de pollution sont les particules fines (PM10 et PM2,5), les oxydes d’azote (NOx), les composant organiques volatiles (COV), le benzène, les pesticides. L’ozone et les particules secondaires sont des polluants dits « secondaires » et proviennent des réactions chimiques des gaz entre eux.
La qualité de l'air est le résultat d’un équilibre entre la présence de polluants et les phénomènes de dispersion et de transformation de ces polluants dans l'environnement. D’où le rôle de la météo, souvent invoquée au cours des épisodes de pollution, même si ce n’est pas la cause de la pollution. A niveau d’émission équivalent, les concentrations, et donc le niveau de pollution peut varier !

Pour en savoir plus sur les polluants et leurs sources, consultez le site de AirParif.

Pollution de l’air et changement climatique ont tous deux pour origine les activités humaines : transports, agriculture, industrie, chauffage… Mais n’ont pas tout à fait les mêmes facteurs. Le changement climatique est généré par l’augmentation de la concentration dans l’air de gaz à effet de serre : CO2, méthane, protoxyde d’azote, hydrofluorocarbure. C’est un phénomène global alors que la pollution de l’air a un caractère local ou régional, et que ses effets sont directement observables sur l’environnement et la santé. Deux phénomènes distincts mais dont les effets s’additionnent. En effet, l'ozone et les particules agissent aussi sur le changement climatique. L'ozone a tendance à réchauffer l'atmosphère tandis que les aérosols tendent à la refroidir. Les changements climatiques ont un impact sur la pollution de l'air : augmentation des canicules par exemple qui ont des impacts sur les niveaux d’ozone.

Pour en savoir plus : la pollution de l’air en 10 questions  

La pollution de l’air : un fléau invisible

Les pics de pollution et les alertes, ne doivent pas masquer les niveaux de pollution quotidiens, qui trop souvent sont au-dessus des seuils recommandés par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). La pollution de l'air est désormais la première cause environnementale de mort prématurée, devant les problèmes d’hygiène et d’approvisionnement en eau potable.. elle fait plus de victimes en France aujourd’hui que le tabac.

Un fléau qui coûte cher à la collectivité. Selon l’OCDE, les coûts annuels en termes de bien-être attribuables aux décès prématurés consécutifs à la pollution de l’air extérieur pour les pays occidentaux, la Chine et l’Inde ont été évalués à 3 500 milliards de dollars en 2015. À titre d’exemple en France, la pollution coûte jusqu’à 100 milliards d’euros aux collectivités dont 20 à 30 concernent uniquement les dommages sanitaires causés par les particules (commission d’enquête du Sénat).

Le fléau de la pollution touche en premier lieu les populations des pays en développement, et ce en lien avec l’utilisation de carburants sales (dirty diesel), de bois ou de charbon pour se chauffer. Plus généralement, au-delà des frontières, à Paris, New Delhi, Pékin ou Mexico, ce sont souvent les populations les plus pauvres qui sont les plus exposées, de par la proximité des lieux de vie avec le trafic routier ou les zones industrielles (Institut de recherche sur la santé, l’environnement et le travail).

Pollution et santé

Les pics de pollution sont moins nocifs sur la santé que l’exposition chronique quotidienne. Pour cette raison, l’information régulière de tous sur les niveaux de pollution et les précautions à prendre sont déterminantes.

Les enfants sont particulièrement vulnérables en raison de leur physiologie. Un enfant respire deux fois plus vite et absorbe plus d’air par unité de poids qu’un adulte, ses voies respiratoires sont plus fragiles et la pollution impacte directement son système immunitaire.

Les effets notoires sont : augmentation des affections respiratoires et de la morbidité cardio-vasculaire, dégradation de la fonction ventilatoire, des défenses de l'organisme aux infections microbiennes, augmentation des allergies (plus de 20% de la population française est aujourd’hui atteint d’une allergie respiratoire selon le Réseau National de Surveillance Aérobiologique (RNSA), accroissement des maladies neurodégénératives, impacts sur le développement et la dégénérescence du cerveau.

  • Le nombre de décès dans le monde, imputables à la pollution de l’air est de 7 millions de personnes par an, selon l’OMS en 2015.
  • Les enfants des pays à revenus faibles et intermédiaires sont les plus touchés, 88 % des affections liées à la qualité de l’air extérieur sont recensées dans ces pays, notamment en Asie et en Afrique.
  • Chaque année en France, plus de 48 000 décès prématurés sont liés aux problèmes d’asthme, aux cancers, aux maladies respiratoires et cardio-vasculaire (source Santé publique France). La pollution de l’air est responsable d’une perte d’espérance de vie de 9 à 15 mois en fonction de la zone d’habitation (urbaine, rurale).

Pour en savoir plus:

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