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Un avenir sans carbone, une perspective à concrétiser !

Publié le 25 mai 2016 , mis à jour le 23 novembre 2020

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Le chemin qu’il reste à parcourir pour atteindre les objectifs fixés par l’accord de Paris reste encore long si nous ne mettons pas en accord les discours et les actes. En effet, limiter la hausse des températures à 1,5°C par rapport à l’ère préindustrielle ne sera possible que par un changement complet de nos comportements et de ceux des acteurs économiques.

Les révélations de Cash Investigation attestent que derrière les beaux discours, les mauvaises habitudes des multinationales ont la dent dure, et que les états doivent donner un cadre clair pour accompagner la transformation des entreprises afin de faire diminuer drastiquement les émissions de gaz à effet de serre dont elles sont responsables. Les trois exemples présentés démontrent que l’État français doit prendre urgemment trois mesures :

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1/ Enfin donner un prix réel au carbone

La France doit porter une réforme ambitieuse du mécanisme ETS au sein de l’Union Européenne permettant d’amener le prix de la tonne de carbone autour de 30€ dès maintenant. À plus long terme la réduction de quotas doit permettre de faire évoluer le prix de la tonne de carbone à la hausse, obligeant ainsi les entreprises à baisser leurs émissions. Au delà, de la révision du fonctionnement du marché carbone européen, il est urgent que la France se dote d’une réelle fiscalité carbone à la hauteur de l’enjeu en mettant par exemple un terme à l’exemption de taxe sur le Kérosène qui profite au secteur aérien alors qu’il émet beaucoup plus de GES que les autres transports.

 

2/ Fermer définitivement la porte au développement du gaz et pétrole de schiste

Pour atteindre l’objectif de l’accord de Paris, il faudra laisser près de 80% des réserves en énergie fossile connues sous terre. Pour cela il est nécessaire d’arrêter toute exploitation de gaz et pétrole de schiste car leurs extractions présentent des dangers majeurs sur les territoires sur lesquels ils sont exploités, et entrainent d’avantage d’émission de GES que celles de pétrole conventionnel. La France doit s’opposer aux accords de libre-échange de nouvelle génération tel que le TAFTA (avec les Etats-Unis) mais surtout du CETA (avec le Canada) qui pourrait entrer en vigueur dès 2017. En effet, ce dernier facilite les investissements européens dans le secteur des sables bitumineux mais aussi son importation par les pays membres de l’Union Européenne. C’est d’ailleurs ce projet d’accord qui a fait échouer l’adoption par l’UE d’une directive sur les carburants qui aurait permis de discriminer le pétrole non conventionnel. À noter que si le CETA est adopté, il ne sera plus possible pour les états de légiférer pour une hausse sans l’accord des autorités canadiennes à cause de l’institutionnalisation de la coopération règlementaire.

3/ Développer une attitude exemplaire en tant qu’actionnaire

L’État français est actionnaire de plusieurs entreprises. Par conséquent, il doit jouer un rôle exemplaire pour que ces entreprises mettent un terme à l’exploitation d’énergie fossile et notamment du charbon. Les centrales à charbon doivent donc être fermées, le plus rapidement possible.

Revoir le replay de l'émission de Cash Investigation du mardi 24 mai 2016 c'est ICI

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