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Sur la côte basque, on redonne une seconde vie aux déchets plastiques

Publié le 07 juillet 2021

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« Malheureusement » jamais à court de matières premières, l’association Basco-Landaise Resak a fait du recyclage des déchets plastique son métier. Adepte de l’économie circulaire, elle complète sa démarche par l’animation d’ateliers de sensibilisation en proposant aux participants de venir expérimenter le processus de transformation d’un déchet plastique depuis sa réduction en paillettes, jusqu’au moulage d’un nouvel objet. Resak est lauréat de notre programme Génération Climat.

Avec 125 adhérents en 2020 et 450 kg de déchets plastiques traités malgré le contexte périlleux de la crise sanitaire pour débuter une activité, Resak est aujourd’hui l’un des maillons forts de la longue chaîne Precious Plastic. Organisée en réseau à l’échelle nationale, la dynamique internationale Precious Plastic comprend plusieurs dizaines d’entités à Annecy, Strasbourg, Paris, Lyon, etc. 

Devenir des recycleurs en rejoignant la dynamique Precious Plastic

Avant de fonder leur association Resak en août 2019, Antoine et Lisa ont déjà roulé leur bosse : l’un en tant qu’ingénieur développant des articles de sport aquatiques éco-conçus, et Lisa comme éco-designer. Alors le recyclage et l’économie circulaire, ils connaissent bien ! Très attachés à leur région, et plutôt que se lamenter devant l’ampleur de la pollution plastique sur la Côte Basco-Landaise, avec Romain, Pierre, Hélène et Florian, ils décident de rejoindre la dynamique de Precious Plastic, un mouvement international qui invite chacun à devenir un recycleur et à monter son propre atelier de recyclage : plans des machines low-tech et kits de démarrage en open source sur leur site.

Le projet d’atelier Precious Plastic pour lequel Resak a obtenu le soutien de notre programme Génération Climat, propose en effet bien plus que le recyclage des déchets collectés sur les plages autour d’Anglet, Biarritz et Bayonne.

Le saviez-vous ? 

Depuis son industrialisation massive dans les années 50, le plastique génère une pollution marine croissante. Selon les chiffres de l’association Surfrider Foundation Europe basée à Biarritz, 94,5% des déchets ramassés sur à la plage de la barre d’Anglet sont des plastiques ou polystyrènes.

Afin d’organiser son approvisionnement en déchets plastiques et d’en optimiser le traitement, l’équipe de Resak collabore avec d’autres associations locales qui procèdent à des opérations de nettoyage de plage comme Surfrider avec les Initiatives Océanes (relayées sur notre plateforme jagispourlanature.org) et pickitup 40, mais elle se rapproche aussi d’entreprises qui n’ont pas de solutions de valorisation de leurs déchets. Pour exemple, son partenariat avec Konpon Txoko dont l’activité de réparation et de recyclerie permet de récupérer des quantités non négligeables de pièces cassées et de chutes plastiques.

Cette collaboration de proximité avec les associations locales permet à Resak d’intervenir en amont, au stade du tri, pour récupérer une partie des déchets plastiques collectés non valorisés par l’industrie conventionnelle. Le but étant d’éviter le stockage de ces matières, leur enfouissement ou leur incinération en dernier recours. Pas toujours simple dans la mesure où des centaines de matières plastiques existent, parfois mélangées, rendant le procédé de transformation compliqué ou trop coûteux et expliquant, de fait, la difficulté des filières de recyclage à développer un modèle économique viable. 

Resak intervient ainsi aujourd’hui plus spécifiquement sur le polypropylène, les bouchons, et les petites pièces de type coton tiges, sticks, bâtonnets. Après avoir été lavées, triées par couleur et par type, puis broyées sous forme de paillettes, les matières plastiques peuvent à nouveau être fondues, moulées et donner vie à de nouveaux objets…

Comment Resak crée de la valeur à partir des déchets plastiques ?

 « Les déchets des uns font la ressource des autres »

« Il ne faut pas diaboliser le plastique, il présente beaucoup d’avantages et de propriétés intéressantes : c’est une matière à travailler », dit en substance Antoine. Et c’est bien la démonstration qu’il en fait avec ses collaborateurs dans leur atelier de Tarnos dans le sud des Landes, à une vingtaine de kilomètres de Biarritz. Actuellement en train d’achever la fabrication des contreparties promises aux 120 adhérents qui les ont suivis en 2020 dans leur campagne de financement participatif, ils imaginent déjà leurs nouvelles créations. Principalement axée aujourd’hui sur de petits récipients comme des pots de fleur ou sur des objets comme le skateboard, ils projettent d’orienter leur activité économique vers une offre de mobilier d’intérieur et extérieur (tables basses, chaises ou tabourets) aussi bien à destination des particuliers que des collectivités et entreprises. 

De la plasturgie à l’upcycling

À la création d’objets et de mobilier, s’ajoute un autre débouché grâce à l’usage d’une presse à plaques produisant une matière première à destination d’artisans et d’artistes. Des céramistes, sculpteurs, ébénistes et artistes environnementaux, mais aussi créateurs de mobilier vintage trouvent dans ces films ou plaques en plastique recyclé une nouvelle matière à travailler pour exprimer leur créativité.

Atelier de démonstration de recyclage de déchets plastiques

Animations et ateliers DIY « rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme »

En développant des ateliers citoyens, Resak donne de la visibilité à son activité. Le principe est d’inciter les scolaires et les CE d’entreprise à venir vivre concrètement l’expérience low-tech de Precious Plastic. En amont de leur venue, l’équipe demande aux participants d’emporter leurs bouchons, bouteilles ou petits déchets plastiques dont ils pourront suivre les différentes étapes de transformation jusqu’à la création d’un nouvel objet. Certainement le meilleur moyen d’aborder l’importance des enjeux liés à la gestion des déchets et de prendre conscience que les valoriser réduit la pollution dans les océans, dans les sols et dans l’air.

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