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Vignette Crit’Air : en route pour moins de pollution

Publié le 18 janvier 2017 , mis à jour le 24 novembre 2020

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En 2017, la Vignette Crit’Air devient obligatoire pour pouvoir circuler dans Paris, devenue "zone de circulation restreinte" (ZCR). Il en est de même à Grenoble depuis novembre, et Lyon-Villeurbanne a instauré les vignettes en cas de pics de pollution. Cette vignette est introduite pour lutter contre la pollution de l’air et favoriser la transition énergétique. Le principe ? Classer les véhicules selon leur niveau de pollution (6 vignettes de couleurs différentes), pour faciliter l’accès aux véhicules propres et restreindre progressivement la circulation des plus polluants. Au total, une vingtaine de villes se préparent à mettre en place ce dispositif d’ici 2020.

La mesure n’est pas exceptionnelle en Europe. L’Allemagne, le Danemark, l’Autriche et bientôt la Tchéquie (voir green-zones.eu) ont déjà mis en place des vignettes environnementales. Plus largement, les limitations de circulation dans les agglomérations se sont multipliées depuis plusieurs années et la place de la voiture en ville diminue. C’est une bonne nouvelle pour la santé des citoyens. La lutte contre la pollution est enfin devenue une priorité nationale et un enjeu de santé publique. Médecins, pneumologues, parents et simples citoyens s’expriment. Plus personne n’ose contester l’impact des particules fines et des oxydes d’azotes émis par le trafic routier sur la santé des citoyens, qu’ils soient piétons, automobilistes ou cyclistes.

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L’objectif des Vignettes Crit’Air est de réduire la pollution de l’air en écartant des villes les véhicules les plus polluants. Un coup d’accélérateur certain pour sortir du diesel et encourager le déploiement des véhicules à faibles émissions. Les pics de pollution enregistrés fin 2016 dans plusieurs régions de l’hexagone ont démontré l’insuffisance des solutions « réactives » comme la circulation alternée et la gratuité des transports publics. Elles ont souligné l’urgence de mettre en place des mesures structurantes, à la fois restrictives et incitatives qui engagent la transformation des pratiques de mobilité.

Il faut néanmoins s’assurer que les solutions ne créent pas d’injustices ou d’inégalités entre pauvres et riches, centres villes et banlieues, car la mobilité est un droit. En outre, chacun doit pouvoir se déplacer ET respirer. Pour cela, il est nécessaire d’aller plus loin et de donner une nouvelle impulsion à la transition vers une mobilité durable. Cela signifie des politiques de transport et d’urbanisme qui favorisent l’accès pour tous à des solutions de transport « propres », dans les centres villes mais aussi dans les quartiers périphériques, les zones périurbaines, les territoires ruraux.

Pour accélérer la conversion du parc automobile, plusieurs dispositifs d’aide sont mis en place au niveau de l’état, mais également des collectivités territoriales (ville, métropole, région) : le bonus malus au niveau national oriente les achats de véhicules vers les modèles les moins polluants (électrique notamment et hybrides); la prime à la conversion pour les ménages non imposables aide les ménages le plus précaires. Les parisiens, professionnels compris- qui abandonnent leur véhicule polluant, peuvent obtenir des aides de la Ville, de la métropole, et de la région. 

La Fondation Nicolas Hulot plaide pour pour le renforcement de ces dispositifs en faveur d'un accès pour tous à la mobilité durable. Les mesures phares, à mener aux échelles nationales et territoriales, pour aller dans ce sens : 

  1. Financer les solutions plutôt que la pollution. Réformer la fiscalité des transports, en particulier en proportionnant les dispositifs incitatifs aux ressources des ménages. En effet, fiscalité doit permettre de financer la mobilité pour tous, de manière efficace. Il importe de ne pas exclure de la mobilité durable les ménages à revenus moyens et précaires . Il s’agira par exemple d’adapter le bonus malus pour qu’il devienne une vraie prime à la conversion automobile bénéficiant aussi aux ménages précaires, de soutenir l’achat de véhicule peu émetteurs d’occasion, ou encore d’élargir ce bonus aux vélos électriques.
  2. Développer plus rapidement les infrastructures nécessaires aux mobilités actives et de rabattement (autoroutes cyclables, stationnements sécurisés pour les vélos, aires de covoiturage etc.), par le biais de financement adéquats et suffisants en particulier d’appels à projet nationaux dédiés;
  3. Donner la priorité à un usage partagé dans les villes, pour les véhicules écologiques : auto-partage, flottes d’entreprises ou de collectivités. 
  4. Accompagner activement les ménages dans le changement des pratiques de mobilité en parallèle du développement de l'offre. De telles actions pourraient être financées par les collectivités et les entreprises de la mobilité soumises à des obligations de type certificat d’économie d’énergie.

Ces mesures sont indispensables pour engager la transition vers une mobilité durable.

Pour en savoir plus c'est sur le site Crit’Air  

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